Télécharger le mix

Tracklist

  1. Risqué Rhythum Team - The Jacking Zone
  2. Ryuga Yamaoka - Dicks & Arm
  3. Trus'Me - Somebody (Mosca Remix)
  4. Juxta Position - Mercy
  5. Keinton - Strip Poker (GummiHz Reduced Mix)
  6. Levon Vincent - Double Jointed Sex Freak (Part 1)
  7. Antenna - In August
  8. Hands Up - Alien
  9. #.4.26. - Remton
  10. Harvey McKay - Pressure
  11. Nick Chacona - Be Like Olive (Levon Vincent Remix)
  12. Kris Wadsworth - Crushed
  13. Nyra - Best Of
  14. DJ Qu - Everybody's Dark
  15. Steffi - You Own My Mind (feat. Virginia) (The Analogue Cops Remix)
  16. Truncate - 16
  17. Levon Vincent - Games Dub
  18. Mosca - Suckle (Twenties)
  19. Jonas Kopp - Light
  20. Coni - Devotion 2 Thera
  21. Vester Koza - Maslo003 A1

Dans la première version des questions que l’on avait transmises à Mosca (et que son management nous a gentiment demandé de revoir), on parlait surtout de UK Funky. Parce que, un peu à son grand dam, dans la tête de beaucoup de gens, c’est à cette mouvance aujourd’hui cliniquement morte que l’on continue d’associer le producteur anglais. 

Pourtant, depuis toujours, « versatilité » est peut-être le mot qui a le plus influencé sa production, lui qu’on a croisé sur Numbers, Night Slugs ou Ann Aimée. Une carrière pas facile à suivre donc, à moins d’aimer la musique électronique au sens le plus large du terme. Une trajectoire que Mosca nous résume: « Le plus gros problème pour les gens, c’est de comprendre que ma carrière a une forme non-linéaire, parce que j’aime tester de nouvelles choses. Evidemment que cela va donner des variations. Les goûts évoluent, surtout quand on est jeune. Je n’ai pas de plan de carrière. J’ai essayé mais ce n’est pas pour moi. Je n’ai pas pour ambition de remplir des stades. Mon voyage, c’est celui d’un fondu de musique, c’est un processus organique. Je suis content de ne pas devoir être le porte-étendard d’un genre, je n’ai pas juré allégeance à une scène. Je m’adapte et je survis. Après, ces trois dernières années, j’ai été à la recherche d’un son, qui se définit le mieux par ce qu’il n’est pas : il n’est pas particulièrement joyeux, il n’est pas fait pour les pool parties, il ne regarde pas en arrière, il n’essaie de copier personne, il n’est pas un joli produit pré-emballé. » 

Une fois que cette approche a été bien intégrée, on comprend que l’étape suivante est la création de sa propre structure, histoire de laisser libre cours à ses envies. C’est ce qu’a fait Mosca en lançant Not So Much en 2014. Peu de sorties à ce jour, pas de noms ronflants, mais une fois encore, la preuve que Mosca chérit son indépendance : « J’ai voulu faire les choses un peu différemment avec Not So Much. J’ai essuyé les plâtres avec un truc deep house un peu perché, avec une basse un peu grime et des notes de rhodes sexy. Pour la seconde sortie, je suis parti d’une base dub techno conventionnelle et j’ai joué avec ces codes, en ajoutant des notes de samba ou des cordes cinématographiques, pour un résultat improbable sur papier mais qui fonctionne en club. C’est la troisième sortie, signée Samuel, qui m’a vraiment botté le cul. C’était un truc unique, et ça m’a poussé à opter pour une approche plus expérimentale. Bref, ma vision pour Not So Much à l’heure actuelle, c’est de trouver de la fraîcheur. Pour le reste, je continuerai à produire des sons plus conventionnels pour d’autres labels. Le genre de trucs qu’on peut entendre dans ce mix justement. »

Parlons-en de ce 53ème Goûte Mes Mix. Franchement, vu l’amour que porte Mosca aux trajectoires sinueuses et aux chemins de traverse, on ne savait absolument pas à quoi s’attendre, et c’était bien mieux comme ça. Pour le coup, le Londonien a privilégié l’art du contre-pied et s’inspire d’un récent set dans l’antre moite du Panorama Bar berlinois : « Ce mix est assez simple. Je n’ai jamais pondu de mix aussi linéaire. Pas d’exclus ou de voyages entre les genres, mais plutôt une plongée dans la house que je préfère, dark et sexy. C'est de la musique de caves, des mélodies pleines de mélancolie et de parties vocales, des beats lents et bruts de décoffrage, taillés sur mesure pour les hangars. Un beau petit paquet bien marketable en fait. Je me suis inspiré d’un set au Panorama Bar il y a quelques semaines. J’y jouais de 5 à 9 heures du matin, j’ai débuté dans le noir complet, avant que la lumière ne commence à lentement transpercer les fenêtres. J’ai tout testé pendant mon set : de l’afro-house, de l’electro de b-boy, de la batucada brésilienne, de sons rave et j’en passe. J’ai jeté les bases avec des sons dark et sexy. Je m’étais interdit de jouer du Levon Vincent mais j’ai levé l’interdiction cette nuit-là. L’ambiance dans la salle était électrisante. C’était incroyable de voir les gens péter un câble, ça a renforcé ma foi dans cette musique qui te vrille la gueule. Bref, la sélection est influencée par tout ça. Un mix long, qui prend son temps, avec des hauts et des bas, et qui réunit un groupe de gens que j’adore : Qu, Wadsworth, The Cops, Levon, Truncate… des gens que tout le monde connaît probablement et qui n’ont pas vraiment besoin de promo. Et puis quand j’y réfléchis un peu, je me dis qu’il y a probablement des gens qui ne les connaissent pas encore, et qu’en plus, je ne devrais pas me priver de jouer ces types que j’aime profondément. Ah oui, il y a des nouveautés signées Mosca dans le lot, mais elles sont bien cachées ! »

Vous l’aurez compris : ce mix de Mosca sent l’amour des choses bien faites. Mais surtout, avec ces 90 minutes de son qui se sirotent davantage qu'elle se sifflent, on redécouvre un artiste incroyablement talentueux qu’on avait un peu perdu de vue ces dernières années, la faute à des choix pourtant frappés au coin du bon sens. Bref, rarement des retrouvailles nous auront autant fait plaisir.  

https://soundcloud.com/deejaymosca