« Tiens, Tahiti 80, ils existent toujours ? » Voilà bien le genre de remarques auxquelles on est confronté lorsque l’on évoque l’actualité du groupe français, qui n’a jamais vraiment été prophète en son pays alors qu’il a ouvert la voie à des formations comme Phoenix – des Versaillais qui ont eux aussi dû faire face à l’indifférence du public hexagonal avant de connaître le succès planétaire. Bref, pendant que Thomas Mars fricote avec Sofia Coppola et que ses copains de jeu bénéficient des largesses d’une critique qui n’a pas compris que leur dernier disque en date était juste mauvais, les gars de Tahiti 80 continuent leur petit bout de chemin, et sortent des disques bien chouettes et bien pop, mais dans une certaine indifférence malheureusement. Parce que c'est pas faute de livrer des produits de qualité, comme on peut le voir ici. Trois ans après un The Past, Present & The Possible très chouette, le groupe a enfoncé le clou avec Ballroom. L'occasion de demander à son frontman Xavier Boyer de nous évoquer dix titres qui ont marqué son parcours de singer songwriter. 

Ride

Vapour Trail

C’est un des premiers morceaux que j’ai réussi à déchiffrer à la guitare. Autodidacte et complètement débutant, j’ai passé énormément de temps à trouver la suite d’accords ouverts. Petite fierté.

The Beatles

Here, There and Everywhere

J’avais chopé un songbook de Revolver et c’est grâce à lui que j’ai pu mettre un nom sur toutes ces harmonies que j’entendais (majeur et mineur 7, diminués,...). La base du songwriting.

Sly & The Family Stone

Stand!

J’adore les 35 dernières secondes du morceau. Elles me rendent dingue à chaque fois que je l’écoute. J’ai lu qu’ils avaient rajouté une fin à la dernière minute, dans un autre studio, car le morceau était trop court. Ca tient à peu de choses...

The Stone Roses

Waterfall

Encore un morceau lié à l’apprentissage de la musique. On le reprenait avec mon premier groupe. Il y a quelques semaines, Mederic l’a passé en DJ set et ça sonnait toujours aussi moderne, avec ce kick sur tous les temps.

Kirsty MacColl

They Don’t Know

Découvert sur le tard, cette chanson a directement influencé un morceau du dernier album TDK (acronyme de They Don’t Know). C’est toujours très touchant d’écouter cette chanson pop parfaite.

The Clash

This Is Radio Clash

J’ai découvert la musique à travers mes frères qui n’écoutaient que des bons groupes anglais. J’ai tout de suite accroché avec The Clash, capable de passer de "White Riot", pur punk, à "Magnificent Seven", rap et disco, en quelques années. J’aime l’ouverture dans leur musique, les passerelles entre les musiques noires et blanches.

Aphex Twin

Milkman

Mon album préféré d’Aphex Twin est l'EP Girl/Boy. J’adore ses mélodies, autant que ses beats. J’en avais fait une version folk à la Donovan à l’époque de mon projet solo Axe Riverboy.

My Bloody Valentine

Soft As Snow (But Warm Inside)

Méga ligne de basse, j’aime le mélange de hip-hop dans la dynamique et les harmonies vocales propres à MBV. Là encore, on est dans le mélange des genres.

Frank Sinatra

What’s Now Is Now

Tiré de l’album Watertown. Ce "concept album" m’a beaucoup influencé. Frank écrit des lettres à sa femme qui l’a quittée. Je l’écoute quand je suis un peu déprimé, et ça me fait pleurer toujours au même moment.

The Zombies

Care of Cell 44