The Horrors

La Dynamo, le 05-12-2011 | par Michael le 19-01-2012

Pas de première partie pour ce concert de The Horrors dans une Dynamo remplie à ras-bord – de fait, la petite salle toulousaine affiche complet. On passera rapidement sur la jolie collection de coiffures improbables et de jeunes m’as-tu-vu peuplant la salle, qui confirme le statut de groupe de fashionistas-victimes de la mode mais qui est toutefois assez étonnant vu l’accueil plus que mitigé reçu par le dernier album des Anglais.

Il serait toutefois cruel de réduire les Horreurs à un de ces groupes dont la presse anglaise raffole plus pour sa dégaine et ses frasques que pour sa musique. Après un premier album gothico-cartoonesque efficace, Primary Colours aura surpris et mis tout le monde d’accord, même les plus sceptiques tellement la mue et la maturité dont fait montre cet album est impressionnante. C’était donc avec une certaine ferveur que l’on attendait la suite, d’où la déception et l’incompréhension devant un Skying mou du genou et d’un anachronisme parfois gênant (Simple Minds mauvaise époque sortez de ce corps). Ayant pourtant eu de bons échos de cette tournée, l’envie d’aller voir par nous-même si le groupe défendait mieux sur scène que sur disque ses nouveaux morceaux - et aussi l’envie d’entendre les anciens - nous aura finalement décidés.

Un peu de Velvet Underground en bande son pour faire patienter le public pendant l’installation et le groupe ne sera pas long à descendre le petit escalier en colimaçon qui donne accès à la scène aux cris d’un fan club de britanniques scandant des « Faris we love you » « We want Faris » aussi sincères que ridicules. Le premier titre de Skying inaugure le set et confirme que les titres du mal aimé dernier opus ont vraiment plus de gueule en live. On aura ainsi droit à de très bonnes versions de « Changing The Rain », « I Can See Through You », « Endless Blue », « Dive In »,  « Monica Gems », « Oceans Burning », même le putassier single « Still Life », c'est dire. Les meilleurs morceaux de Primary Colours seront également joués pour notre plus grand bonheur :  « Mirror's Image »,  « Scarlet Fields »,  « Who Can Say » ou l'énormissime  « Sea Within A Sea », tout simplement un des meilleurs morceaux des 10 dernières années.

La progression stylistique et musicale du groupe est ainsi pleinement visible dans la collection d’individualités hétéroclites que compte le groupe : du très efféminé bassiste Rhys Webb en marinière, au jeu de scène très personnel, au clavier Tom Cowan, imperturbable dans son costume-col roulé noir, raie sur le côté et lunettes de premier de la classe, en passant par le juvénile guitariste Joshua Hayward, à la  chevelure plus emmêlée qu’une pelote de laine triturée par un chat atteint de la maladie de Parkinson, et ses nappes sonores à la fois distordues et vaporeuses dignes de Kevin Shields, sans oublier Faris Badwan, en chemise noire et T-shirt troué et déchiré (nous ne parlerons pas du batteur Joe Spurgeon, que nous n'avons tout simplement point vu durant le set, placé où nous étions). Le grand échalas Faris mène la danse et ne se prive pas de monter sur les retours en bord de scène pour haranguer le public et scander ses paroles du poing ou d’un hochement de frange dans les yeux, de sa voix grave et maniérée. Le son est excellent et la maturité scénique dont fait preuve le groupe est assez bluffante au vu de prestations plus anciennes. Le groupe reviendra sur scène pour une très longue et très bonne version  de « Moving Further Away », conclusion et apothéose de choix.

Une bien belle surprise que ce concert, qui nous rend d’autant plus curieux de voir quelle sera la prochaine mue discographique de The Horrors.

thehorrors.co.uk/
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