Pukkelpop 2015: les gagnants, les perdants

Kiewit, le 20-08-2015 | par Jeff le 26-08-2015

GAGNANT : l’organisation

Un festival en 2015, cela reste un défilé d’artistes crevés qui étaient la veille en Pologne et seront le lendemain en Allemagne, et qui font de leur mieux pour survivre à une période de l’année qui de leur propre aveu, est souvent bien moins glamour et fun qu’on voudrait le croire.

Dans ces conditions, on sait qu’il n’est pas facile d’offrir une belle brochette de concerts inoubliables, et un festival se résume souvent à quelques coups d’éclat. Par contre, l’organisateur a une année complète pour se préparer. Et contrairement au groupe qui a quitté ses pénates trois mois plus tôt et dont les membres sont sur le point de s’entretuer, l’organisateur se doit d’être au top.

Et y’aura pas eu à tortiller du cul : cette année encore, les mecs se sont surpassés. C’est après ces trois journées absolument incroyables d’un point de vue organisationnel que l’on se dit que les 55 EUR de différence entre le billet pour le Dour Festival et le Pukkelpop ne se situent probablement pas qu’au niveau du budget artistes, mais bien dans cette chiée de détails qui mettent le confort du festivalier au cœur de son expérience.

La plus belle preuve de ce que l’on dit : si vous aviez vu la tronche des chiottes le dernier jour de festival, vous n’y auriez pas cru. #vlamingendoitbetter 

PERDANT : la police limbourgeoise

Ce fut le feuilleton de l’été : la drogue en festival serait devenu un problème. Y’en aurait plein. Partout. On ne va pas revenir sur la polémique qui a entouré la dernière édition du Dour Festival (tout a été dit ici), mais on soulignera quand même l’EPIC FAIL qu’aura constitué la campagne de communication de la police limbourgeoise en amont du festival. Une attitude assez ridicule dans le sens où la drogue sur le site du Pukkelpop est à peu près aussi populaire qu’un concert de Tryo en tête d’affiche du Hellfest. Mais voilà, cet été, il fallait se montrer ferme. Mais un peu cool quand même. Alors les mecs ont eu de grandes idées, comme fliquer les hashtags en amont sur les réseaux sociaux et installer une boîte à l’entrée du site où les festivaliers pouvaient déposer volontairement leurs pacsons. On aimerait tellement en connaître le contenu mais bizarrement, la communication sur le sujet a été pour le moins calme…

PERDANT : l’ingé-son du Club le premier jour

Pour peu qu’on soit bien accompagné, on se marre toujours en festival. Encore plus si c’est musicalement mauvais – on se console comme on peut. Autant vous le dire : on a énormément rigolé en ce premier jour de Pukkelpop. Déjà, l’affiche était faible. Mais en plus, pas mal de groupes semblaient en roue libre ce jour-là. Et quand ils ne l’étaient pas, c’était l’ingénieur son du Club (probablement la scène avec la meilleure programmation) qui s’employait à nous pourrir notre journée. Si le son était passable pour Natalie Prass, ce triste sire nous a purement et simplement ôté toute envie de rester plus de dix minutes aux concerts de la belle Lianne La Havas et des bêtes de scène certifiées que sont les Future Islands. Dur.

GAGNANT : Mountain Bike 

C’est sûr qu’il n’y a qu’à voir le planning de tournée de Mountain Bike depuis la sortie de leur très chouette premier album pour se dire qu’à ce rythme là ils vont finir par jouer au Festival des Arts de la Rue de Chassepierre ou à la Foire agricole de Libramont. Après, quand on voit comment les Bruxellois progressent dans cette exercice, on se dit qu’ils peuvent continuer à se taper l’incruste où bon leur semble. En effet, on sait combien il est compliqué d’attirer du public dans une tente par 28 degrés, à plus forte raison quand on est un petit groupe wallon qui ouvre les festivités sur la scène annexe d’un grand festival flamand. Pourtant, en une trentaine de minutes, les peyes de Mountain Bike ont fait le taf avec une bonne humeur communicative, en donnant à leur surf-rock-garage une énergie qu’on ne lui connaissait pas sur album.

http://www.pukkelpop.be