Pukkelpop 2012

Kiewit, le 16-08-2012 | par Jeff le 31-08-2012

LOSER / La météo

Avec l’édition apocalyptique du Dour Festival, on pensait avoir eu notre dose de températures extrêmes pour l’été 2012. Pas de bol pour le festivalier détenteur d’un billet pour le Pukkelpop : le raout limbourgeois s’est tenu lors du weekend le plus chaud de l’année. C’est bien simple, pendant trois jours, on se serait cru en doudoune sous le cagnard de Djerba. Sauf que quand les petits Européens pourris gâtés que nous sommes traversons la Méditerranée, c’est pour aller se foutre à l’ombre si le mercure joue un peu trop avec nos nerfs. Malheureusement pour nos peaux de roux, une certaine catastrophe étant passée par là l’an dernier, tous les arbres avaient disparu du site cette année. Conséquence logique de ce merdier météorologique : les bonbons qui collent au sachet à longueur de journée, une vieille odeur de sur dans la plupart des tentes, le sentiment de frôler le coma éthylique après la cinquième bière et des déplacements réduits à leur strict minimum jusqu’à la tombée de la nuit. Temps de merde.

LOSER / Le site

Si quelqu'un pouvait prévenir l'organisateur de l'événement que même s’il est compréhensible de multiplier les scènes de son festival pour faire tourner la billetterie (encore que ...), accoler lesdites scènes est tout bonnement insupportable, surtout quand le programme de celles-ci est plus chargé que l’haleine d’une Lindsay Lohan qui sort de boîte. Le petit jeu du Pukkelpop qui consiste à errer entre deux scènes et à écouter si un mélange de deux genres en contretemps pourrait incarner un style hybride n'a vraiment rien d'amusant. Alors s'il vous plaît, Monsieur Chokri Mahassine, limitez les scènes ou agrandissez la surface du terrain. Un petit mot aussi sur l'environnement. Il ne faut pas être un activiste bobo-Gaïa-végét pour se rendre compte qu'il s'agit de l'un des rares festivals en Belgique où pas grand-chose n’est fait en matière de ramassage et de collecte des déchets. Et même si tout le monde a le droit de se foutre de l'avenir de la planète, un terrain qui ressemble le dernier jour à une véritable décharge n'amuse personne.

LOSER / Le réseau GSM

Après le drame de l'année passée et la paranoïa qui entourait cette édition, l’organisation du festival et Belgacom nous ont rassurés à grands renforts de promesses : on allait étendre et renforcer le réseau GSM et wifi. Le résultat ? Disons que si cette année une catastrophe avait à nouveau frappé le Pukkelpop, votre môman aurait su que vous alliez bien à peu près trois jours après la fin du festival. Fort heureusement, pas d'éléments déchaînés cette année mais une couverture lamentable des moyens de communication. Portables injoignables, sms qui arrivent des heures après leur envoi (très pratique pour le fameux « Rejoins-nous au Marquee, ça déchire grave ») mais une connectivité Internet sûrement excellente dans les espaces VIP.

WINNER / Willis Earl Beal

Il est toujours ingrat pour un artiste de se produire un deuxième jour de festival aux alentours de midi (soit, pour tout festivalier qui se respecte, à l’aube migraineuse et nauséeuse). C'est donc devant un public clairsemé de zombies que Willis monte sur scène. Quelques notes suffiront pourtant à mettre tout le monde d'accord et à transformer un vulgaire chapiteau sur-sécurisé en sulfureux club des bas-fonds new-yorkais. L'homme nous fait oublier l'heure et l'endroit, nous kidnappe dans son monde, possédé comme un démon, avec pour seul accompagnement son vieux magnétophone à bande (ok, on a un doute sur le magnéto). Quelques dizaines de minutes, c’est ce dont disposera Willis Earl Beal pour interpréter son manifeste blues Acousmatic Sorcery dans des versions souvent alternatives mais avec une conviction sublime et un jeu de scène minimaliste : une chaise, un drapeau, de la sueur qui coule de son visage et la grâce d'un héros de cinéma.

WINNER / The Walkmen

Nous sommes tellement fans de The Walkmen qu’on s’imaginait tomber sur une foule compacte lors de la prestation des Américains. C’est bien simple, on s’est pointés environ trente minutes avant le début du concert pour être sûrs d’être bien placés. On aurait aussi bien pu débarquer une minute avant qu’ils montent sur scène. D’où le mélange de frustration et de satisfaction des fans lambdas que nous sommes. Frustration de se dire que tous ces couillons ont préféré aller voir les morts-vivants de Maxïmo Park sur la Main Stage ou tout simplement faire bronzette quelque part sur le site. Satisfaction de ne pas être entourés de quidams bruyants qui s’en tamponnent le slibard de The Walkmen et qui affluent dans le Marquee faute de mieux. Cinq minutes, c’est le temps que nous a laissé le groupe pour ce genre de considérations. Le temps de nous interpréter l’introspectif « Line by Line », pas vraiment le titre le plus convaincant du récent Heaven. Mais en enchaînant tout de suite sur le nerveux « Heaven », Hamilton Leithauser donnait le ton d’un concert qui n’allait plus perdre une miette d’intensité et d’élégance. Car si la formation new-yorkaise nous a montré un visage un peu trop assagi sur Heaven, c’est en live qu’elle parvient à donner sa pleine mesure et à renouer avec les montées électrisantes de ses précédentes réalisations. Et alors qu’il y a un an « The Rat » était accueilli dans l’hystérie par un public du Primavera qui connaissait le morceau par cœur, il aura ici fallu se contenter de quelques cris de motivés dont faisait partie l’auteur de ces lignes. Preuve que le public belge (et globalement européen) ne semble pas encore prêt à reconnaître à sa juste valeur l’un des grands groupes américains des années 2000.

LOSER / Snoop Dogg

Snoop Dogg en concert, c'est comme les churros à 7,5 euros que tu t'infliges en festival : tu sais que ce n'est fondamentalement pas très bon mais c'est tellement sucré que t'y trouves un plaisir coupable. Donc oui, on peut s'amuser, se déhancher le popotin et bouger les bras en l'air sur ses plus grands morceaux, et surtout ceux qu'il partage avec d'autres (« Still D.R.E. », « Drop It Like It's Hot », « California Gurls »). Mais tout cela n’en demeure pas moins une succession un peu facile de tubes déroulés comme un DJ set peu inspiré, avec dans le rôle principal un Doggfather qui marmonne un rap approximatif. Snoop Dogg ne viendra donc malheureusement pas contredire le constat selon lequel le rap U.S. a encore souvent des problèmes avec la scène. Quant à son avatar Snoop Lion, on ne l’a pas vu, si ce n’est le temps d’un « La La La » bien couillon et d’un immonde drapeau scénique aux couleurs de la Jamaïque.

WINNER / Sleigh Bells

Même si on n’apprécie pas vraiment les deux premiers albums de la formation américaine, force est de constater que le format live leur va bien. Une machine de guerre dont les rênes sont tenues par la très sexy Alexis Krauss accompagnée de deux guitaristes et d'un mur d'ampli pour faire genre. À grands renforts de stroboscopes et de décibels bien supérieurs à la moyenne autorisée, le trio martèle sa formule qui, même si elle est répétitive, parvient à secouer les tripes. Si le groupe s'est déjà enfermé dans une petite recette trash/electro et qu'il y a peu d'espoir de lui imaginer un avenir au delà de soixante minutes de concert, l'expérience au sein d'un festival ou d'un club reste impressionnante et secouante.

LOSER / OFWGKTA

Si le crew de Los Angeles divise sur disque, on a vraiment du mal à comprendre comment il n‘est pas unanimement décrié sur scène. La troupe américaine se produisait ce samedi au Pukkelpop, mais déjà en début de semaine elle nous avait joué un joli coup de pute par l’entremise de Frank Ocean, qui devait également se produire en solo à Kiewit, mais qui a tout simplement annulé sa tournée européenne quelques jours avant que celle-ci ne débute. En gros, c’est peut-être le concert le plus attendu du festival qui passait à la trappe. Quand au reste de la joyeuse bande, alors qu’elle ne fait parler d’elle que depuis deux ans environ, elle se prend déjà pour un Wu-Tang Clan cramé par vingt ans de succès et d'excès, qui ne se déplace jamais au complet. Ainsi, ce samedi, le public belge n’aura eu droit qu’à Tyler, The Creator, Domo Genesis, Jasper Dolphin (« He is considered a non-musical member », nous dit Wikipedia : super…) et Mike G.  Quoique concernant ce dernier, on ne peut vous l’assurer, tout comme nous serions incapables de faire la différence entre U-God et Masta Killa avec le Wu. Bref, pas d'Earl Sweatshirt, de Hodgy Beats ou de Left Brain, pourtant membres essentiels. Pour le reste, on ne peut pas vraiment dire que les mecs d’OFWGKTA aient vraiment tiré les enseignements de leurs erreurs passées : c’est toujours aussi bordélique et inaudible, si ce n'est pour les hordes de kids qui doivent visiblement avoir une ouïe plus aiguisée que la nôtre. Ceci étant, les chances que ceux-ci se soient fait violer les tympans une heure plus tôt par un DJ dubstep ouin-ouin étant grandes, on ne va pas trop se fier à leurs capacités auditives. Bref, on retiendra de ce concert l'un ou l'autre bon titre que l'on a pu reconnaître. Pour le reste, on s'est bien fait chier en compagnie de Tyler et de sa (petite) bande de potes.

WINNER / The Afghan Whigs

Était-ce l'heure tardive, le plaisir de retrouver une scène foulée il y a 15 ans pour le meilleur ou tout simplement un band qui ressuscite au fur et à mesure qu'avance sa tournée? Quelles qu’en soient les raisons, Greg Dulli et sa bande nous ont offert ce soir-là un concert immense d'intensité et de maîtrise. On s'était déjà frottés à l'émotion de réentendre, lors de leur venue au Cirque Royal, ces morceaux qui nous avaient tant bercés adolescents. Mais ce 17 août sous le Marquee, la concentration quelque peu crispée s'est envolée, le groupe a retrouvé ses marques et Mr Dulli nous a subjugués de sa voix immense et unique, avec cette sophistication déchirée jusqu'au cri mais toujours dans la vénération quasi religieuse de la soul-music. Le bonheur est grand et le cœur s'emballe dès les premières notes de « Crime Scene Part One ». La setlist défile trop vite (« Fountain and Fairfax », « Gentleman », « Debonair ») et puise largement dans leurs deux meilleurs albums successifs « Gentleman » et « Black Love », en y incorporant ci et là des morceaux plus anciens (« 66 », « I'm Her Slave »), ainsi que leurs deux récents enregistrements, les reprises de « See don't see » de Marie Queenie Lyons et du « Lovecrimes » de Frank Ocean. Le set se conclut en larmes et sur les rotules sur « Into The Floor » et on quitte le Marquee en se disant que malgré l'insupportable fournaise d'Hasselt, on a eu raison de venir juste pour ces 80 minutes en apesanteur.

LOSER / La dubstep

Vous avez bien lu. LA dubstep, et non LE dubstep. Le dubstep est une musique noble, racée et intelligente. La dubstep, c’est le cousin mongolo et avili du dubstep. Celui qui te pourrit la moindre fête avec ses borborygmes débiles et ses montées de fièvre pré-pubère ridicules. Et au Pukkelpop, ils ont fait assez fort cette année, en conviant à peu près tout ce que la dubstep compte de plus saoulant et de pas très inspiré. C’est bien simple, pendant trois jours, le Dance Hall et surtout le Boiler ont été le rendez-vous des ados boutonneux venus prendre leur dose de wobble couinante et de claviers plus criards qu’un survêtement de Jorge Campos. Franchement, on ne va pas vous faire le détail de cet enchaînement de bras cassés portés au sommet d’une certaine hype par des kids qui n’ont certainement jamais entendu parler des Digital Mystikz. Allez si, on va quand même se réserver une petite quenelle pour cet infâme personnage qu’est Borgore. Israélien d’origine, on pourrait penser que le mec opterait pour une bass music plus insidieuse qu’un raid du Mossad. Pas de bol pour nous, sa dubstep a l’élégance du kamikaze qui fait sauter sa bombe bourrée de clous rouillés en plein jour de marché. On avait déjà eu vent de ses pires méfaits sur YouTube, mais au Pukkelpop, on a pris la pleine mesure de l’imposture : pendant 90 minutes, Borgore s’est borné à recycler le top 40 en le couvrant d’une diarrhée de Transformers. Pathétique. Pour s’écouter une bass music digne de ce nom, il a donc fallu bien éplucher le programme ou se lever tôt. Entre le set B2B de Ben UFO, Pearson Sound et Pangea, auquel personne ou presque n’a assisté, et le parachutage au Dance Hall en tout début de journée des prometteurs Disclosure, on a carrément eu l’impression que le Pukkelpop avait choisi : tout pour la dubstep, rien pour le dubstep. Triste.

WINNER / La techno

Si la bass music n’a pas été à la fête au Pukkelpop, la techno, elle, est la grande gagnante de cette édition 2012, tant en termes de qualité que de représentativité. En effet, ces trois journées de festival ont été riches en prestations de qualité, avec distribution de kicks furieux à la pelle. Si l’on devait retenir trois prestations, ce serait avant tout Blawan. S’il est vrai que l’Anglais a pénétré nos radars avec une bass music vicieuse, il s’emploie ces derniers temps à mettre celle-ci sous perfusion techno, donnant à ses compositions des airs futuristes. Futuriste, on ne peut pas vraiment en dire autant de Carl Craig, qui présentait en live son projet 69. C’est sous ce pseudonyme prononcé six nine qu'il a créé le premier album de son label Planet E, mais aussi quelques-uns de ses travaux les plus percutants. Bien caché derrière son masque, le père de la techno a laissé parler les claviers pour une leçon de classe et d’efficacité. Et comment ne pas parler d’efficacité quand on évoque Laurent Garnier ? Cela fait plusieurs fois que l’on assiste à une représentation du projet LBS et, à chaque fois, on craque notre slibard devant ces interminables prestations (et encore, ce n’était « que » 3h30 à Kiewit) qui vous usent rotules et cervicales avec une précision froide et chirurgicale. D’ailleurs, ce soir-là, les kékés probablement abrutis par trop de wobbles bidons ne s’y sont pas trompés : ils ont vite déserté un Boiler abandonné aux vrais marathoniens du groove, aux addicts du kick qui te tacle plus élégamment qu’un Vincent Kompany des grands jours.

LOSER / The Black Keys

C’est nous ou le succès des Black Keys prend des proportions qui commencent légèrement à défier le bon sens ? Il y a quelques mois déjà, les deux Américains remplissaient sans le moindre problème la Lotto Arena d’Anvers et on émettait des doutes sur l’ampleur d’un succès certes mérité, mais quand même un peu démesuré par rapport au produit vendu. Alors oui, ils ont mis un peu de pop dans leur mélasse garage, et le tout est clairement très efficace, mais on a surtout le sentiment que sur la foi de quelques singles qui mettent dans le mille, Dan Auerbach et Patrick Carney parviennent à fédérer un public qui, hormis les bombes en question, ne se préoccupe pas vraiment de ce qui se passe sur scène (ou sur disque). On en a une nouvelle fois la preuve au Pukkelpop, avec le facteur aggravant que des hordes de fans des Foo Fighters commençaient déjà à prendre place en prévision d’un concert auquel on n’a pas jugé bon d’assister. Et puis déjà à l’époque d’un autre duo jouant la carte du minimalisme garage et ayant également foulé les planches de la Main Stage, les White Stripes, on avait déjà noté combien il était impossible de rendre le rock garage accessible à tous – même quand, comme les Black Keys, on passe aux yeux des puristes pour des profanateurs. Bref, malgré une discographie qui force le respect, on s’est plutôt ennuyés devant les Black Keys, qui auraient mieux fait de foutre un souk pas possible dans un Marquee autrement mieux adapté à leur programme.

WINNER / C2C

À Dour, on avait pu mesurer toute l’efficacité du show d’un Orelsan qui, dans une telle configuration et avec une telle énergie, risquait bien de mettre tout le monde d’accord et d’enfin acquérir le statut de star que quelques anicroches avec les Chiennes de garde l’ont empêché d’obtenir avec son premier album. Les Nantais de C2C n’ayant pas ce genre de problèmes relationnels mais pouvant s’appuyer sur un show solide et efficace, il ne fait aucun doute que s’ils confirment sur leur premier album les bonnes dispositions affichées sur leur EP, vous allez bouffer du C2C à toutes les sauces (et jusqu’à l’écœurement) dans les mois à venir. Il faut dire qu’à l’image du tubesque « Down the Road », les compositions technicoloresques des beatmakers français versent autant dans le hip-hop old-school que dans la pop un peu trop propre sur elle. Et si sur disque l’ensemble peut parfois se révéler fadasse et casse-couille, il faut bien reconnaître aux quatre Nantais un vrai sens de la fête et une capacité à fédérer leur public, voire à le rendre dingue d’excitation, comme ce fut le cas dans le Castello. C’est bien simple : partis sur les chapeaux de roue, les quatre de C2C n’ont jamais décéléré, se permettant même un interminable sprint final couronné par un vibrant hommage au regretté MCA sur un air de « Intergalactic » qui a définitivement permis au groupe de se mettre les derniers sceptiques dans la poche.

WINNER / Grandaddy

Si on mentionnait un peu plus haut le concert de Frank Ocean comme étant l’un des plus attendus du festival par notre équipe, c’était aller un peu vite en besogne. Car ce Pukkelpop 2012, c’était aussi (et surtout) l’occasion de revoir Grandaddy, après des années d’un silence insoutenable. Lors du split en 2006, Jason Lytle avait cité les faibles revenus de l’activité du groupe et la fatigue générée par les incessantes tournées. Après ce concert, deux certitudes : si le groupe de Modesto reprend vraiment du service après cette poignée de dates estivales, il risque de frôler une nouvelle fois le burn-out total tant la demande risque d’être forte. En même temps, mode des reformations aidant, les recettes risquent cette fois d’être autrement plus juteuses. En ce caniculaire vendredi du mois d’août, le groupe américain a foutu des étoiles plein les yeux à quelques milliers de trentenaires bien nostalgiques, qui ne demandaient rien de plus qu’un set best of histoire de revivre les mêmes frissons que ceux qui les ont parcouru la première fois (ou la 234ème) qu’ils ont entendu « Summer Here Kids », « AM 180 », « Now It’s On » ou « The Crystal Lake ». Autant de titres joués par le groupe avec cette même nonchalance affichée qui a fait la renommée de Grandaddy dans les noughties. Franchement, si tous les comebacks pouvaient sembler aussi sincères et être aussi impeccables, on ne s’en plaindrait pas…

WINNER / Santigold

Santigold, c’est le genre d'artiste qu'on aime sur disque mais qu'on craint de voir sur scène. On se dirige donc vers la Main Stage en tentant d'éloigner le souvenir du concert braquage à la M.I.A., instrus en playback et une voix qui sans studio ne vaut pas mieux que celle de nos copines chantant sous la douche. Mais pour notre plus grand bonheur, Santigold nous a offert exactement le contraire : un vrai groupe, une présence inattendue, un visage d'une beauté irradiante et une bonne humeur communicative à l'image de ses morceaux, le tout accompagné de deux danseuses aux chorégraphies inventives et coordonnées. La formule fonctionne parfaitement et donne le sourire. Et cela nous ferait presque oublier que son petit dernier est au fond assez ennuyeux. Quoiqu’il en soit, reviens-nous vite en salle, Santi !!

LOSER / Bloc Party

On mettra ça sur le compte d’une tournée à peine entamée mais Bloc Party est resté très en-dessous de nos souvenirs pour son retour sur scène après trois années d'absence. Les anciens morceaux « Hunting For Witches », « Song For Clay » et « Banquet » semblent joués à contrecœur et les titres qui figureront sur leur album à paraître, « Four », ont du mal à convaincre lors d'une première écoute live. On aimerait prendre le temps d'écouter leur prochain opus en espérant que le groupe retrouve sur scène, lors d'une tournée qui passera très probablement par nos contrées, sa légendaire énergie mélancolique, avant de se faire une opinion définitive qui, si elle devait se confirmer, serait dominée par l’ennui et une certaine déception gênée.

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