Parcels

Le Normandy, Saint-Lô, le 15-11-2017 | par Pierre le 17-11-2017
Première partie: Her

Quiconque retrousse son pantalon jusqu’aux genoux vous le dira sans rougir : Parcels est une des formations les plus cool et prometteuses du moment. Le groupe, pour l’heure auteur d’un seul EP intitulé Hideout, représente assez bien la quintessence de la hype actuelle, tiraillée entre velléités anticipatrices et amour plus prosaïque pour les choses du passé. Et puis le groupe est suffisamment bon pour avoir éveillé l’intérêt de Daft Punk, aux manettes d’un "Overnight" au rythme duquel bon nombre de croupes ont dû s’agiter cet été. 

A se demander ce que pouvaient donc bien foutre les Australiens à Saint-Lo en ce samedi 11 novembre, tant l’enthousiasmante disco-funk du groupe tranche avec l’ambiance mortifère d’une ville n’ayant pas grand chose d’autre à offrir qu’une bon vieux syndrome catatonique. Mais conscience journalistique oblige, on a poussé la porte de l’Enfer histoire de juger le bien-fondé de la réputation de Parcels, quitte à se farcir les complaintes grandiloquentes de Her en première partie.

Alors autant dire qu’ici, toute la hype cristallisée autour de Parcels semble s’être rapidement estompée, du moins à en juger par le taux de remplissage du Normandy. Pas de quoi décourager nos valeureux Australiens pourtant, fidèles à leurs habitudes et donc revêtus d’oripeaux dignes des plus purs hipsters de nos contrées, grand sourire aux lèvres en sus.

Les premières notes d’un set sacrément bien vertébré ont suffi à démontrer à tous, y compris nous, que le groupe n’était pas là pour faire de la figuration. Parcels peut en effet se targuer d’insuffler une énergie véritablement communicative tant ses membres jouissent d’une solide complicité et paraissent prendre un sacré panard sur scène. D’autant que les compositions du groupe y prennent une toute autre dimension une fois libérées du carcan anémique dans lequel le studio semble les confiner, et disposent d’un pouvoir fédérateur assez impressionnant à en juger par une salle tout à coup réveillée. 

Une basse efficace, ronde et chaleureuse, une guitare spasmodique, sur lesquelles viennent se greffer les claviers et une batterie réglée comme une horloge, on peut dire que Parcels maitrise à la perfection sa recette disco-funk. D’autant que par la multiplicité des voix au sein du groupe et donc les possibilités que celui-ci en tire, les Australiens parviennent à tenir leur public en haleine en alternant explosivité et accalmie. Déplorons tout de même une relative absence de spontanéité, un peu sacrifiée sur l'autel de la performance...

Au terme d’un concert d’une heure et quart rondement mené, un léger doute grignote toujours notre enthousiasme. N’est-ce pas accorder trop d’importance et de crédit à une formation, qui pour l’instant, déçoit en studio autant qu’elle irrigue nos corps caverneux en live ? Et n’est-ce pas le moment opportun pour le groupe de s'en rendre compte?