C2C

La Gaîté Lyrique, le 24-01-2012 | par Aurélien le 27-01-2012

Il aura fallu attendre sept ans pour que les quatre turntablists de C2C s'émancipent de leurs projets respectifs - Hocus Pocus et Beat Torrent - pour enfin se concentrer sur un vrai projet musical à huit mains, bien en marge de leur formidable palmarès aux DMC. Avant-goût d'un album a venir pour le printemps et d'une tournée qui se joue déjà à guichets fermés, cette première élégante du groupe nantais à quelque 300 kilomètres de sa maison-mère nous permet d'affirmer qu'Atom, Greem, Pfel et 20Syl risquent sans trop forcer de faire carton plein avec leur pop à scratches plus rafraîchissante qu'un Pepsi un jour de canicule.

Il est 21h15 quand le groupe débarque dans une Gaîté Lyrique pleine à craquer. Le stress faisant très vite place à une excitation palpable face à l'incandescence d'un public qui sait clairement dans quoi il met les pieds, les quatre showmen se lâcheront vite, communiquant par le biais de leurs inimitables chorégraphies scéniques et par l'entremise de visuels colorés mais discrets. Rapidement toutefois, on remarque qu'il sera difficile de voir dans cette première date autre chose qu'un set de rodage car tenir en haleine une heure et quart durant un public affamé de nouveautés avec seulement un EP récent au compteur, cela se fera difficilement sans sacrifier un peu la cohérence et de l'énergie du set.

Victime de longueurs, la setlist des Nantais marquera quelques temps morts heureusement bien rattrapés par la bonne humeur contagieuse du groupe qui se permettra, pour compenser, le summum du fan-service en rejouant quelques-unes de ses plus célèbres routines des DMC, provoquant dans le même temps cris et bonds sur place un peu partout dans la salle. Le public aura même entonné en choeur chacun des scratches du quatuor, et je pense ne pas me tromper en affirmant que ça doit être une première!

Il reste donc du chemin pour que l'hybride parfait entre hip-hop, breakbeat électronique et pop que distille C2C soit aussi pertinent sur scène que sur IPod, et lorsque l'on se décide enfin à sortir de la petite salle, on a l'estomac aussi noué par la frustration que par le sourire. Alors, on se console un peu naïvement en se disant que "petit oiseau deviendra grand" et que la prochaine fois où nos esgourdes rencontreront leur savoir-faire entre quatre murs, il sera trop tard pour les applaudir dans des conditions aussi idéales. Et en somme, c'est déjà une chouette consolation après autant d'années d'attente.