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The XX

Young Turks  |  2009
8 / 10
par Julien Gas  |  le 8 octobre 2009

La hype musicale de cette rentrée n'est plus fluo, mais noire et âpre, comme la crise que l'on est en train de vivre. La hype de la rentrée 2009 n'est plus une dance euphorique ou un rock furibond mais une pop romantique et glacée. La hype de la rentrée tient en deux lettres, comme les deux voix, l'une féminine et l'autre masculine, qui dialoguent tout au long de l'album. La hype de la rentrée 2009 se nomme XX ou The XX ; deux lettres blanches sur fond noir, pour un logo aussi épuré que leur musique. Symbole d'une époque grise et en crise, The XX nous sort un album à la fois sombre et lumineux, brillant et obsédant ; un album qui se révèle être un des grands disques de l'année, un album recouvert de noir mais laissant pourtant passer les rayons d'une lumière d'un blanc éclatant. Le phénomène XX commence à se répandre, de bouches à oreilles, d'articles en couvertures, de concerts en shows acoustiques. Certains y verront une simple hype de journalistes, une énième branchitude de passage, nous, on y verra surtout beaucoup de talent.

Ces jeunes ont entre 19 et 20 ans, nous viennent du sud-ouest de Londres, d'une Angleterre qui a toujours su  héberger de sombres romantiques maniant les guitares à la perfection, de Joy Division à The Cure, en passant par les Smiths. Digne héritier d'une new wave Doc Martens et cuir noir, The XX n'en demeure pas moins fan de r'n'b façon Beyoncé, Justin Timberlake ou encore Rihanna. Ce grand écart musical allant de la new wave 80’s au r’n’b le plus commercial est le symbole d'une époque et d'une génération ayant grandi avec un disque dur rempli plutôt qu'avec quelques disques cultes. Une génération qui se permet de reprendre aussi bien "Teadrops" de Womack & Womack que "Hot like Fire"  d'Aaliyah. Cette surabondance de musiques et de sons dans laquelle ils ont été baignés leur donna le goût de la mélodie squelettique, épurée à l'extrême, sorte de blues moderne aux accents newwave et au x rythmes terriblement frais. Ici, nous ne sommes plus dans la pose 80's sombre façon Editors ou The Horrors ; pas de  gimmick, juste une musique qui transpire notre époque, une époque à la réalité sombre et à l'avenir incertain. On  imagine chaque membre du groupe comme un enfant déconnecté d'une réalité allant trop vite pour eux, perdu dans une époque qui s'est elle-même perdue.

Cet album est une petite merveille de pop ; des refrains susurrés à deux voix, quelques rythmes fabuleux, deux doigts sur une guitare, une basse à faire trembler, une puissance mélodique sidérante et des chansons affichant une sensualité chaude dans un environnement pourtant si froid. Une production maison extrêmement réussie, le groupe n'ayant d’ailleurs pas hésité à refuser les productions de Diplo ou de Lexxxx pour garder leur propre son et leur propre personnalité. Un son qui, on en est sûr, marquera l'année 2009.

Le goût des autres :

note : 77/10Julien note : 77/10Nicolas note : 88/10Thibaut note : 77/10Laurent note : 88/10Maxime