Workshop 21

Various Artists

Workshop  |  2015
8 / 10
par Jeff  |  le 7 avril 2015

Dans une constellation électronique plus sollicitée que jamais et parfois encline à privilégier la quantité à la qualité, le label Workshop fait figure de résistant. Avec seulement 20 sorties en bientôt neuf ans d’existence, le label de Jens Kuhn aka Lowtec s’est offert une discographie qui a toujours su ravir les amateurs de musique électronique au sens large, une démarche qui flaire bon le travail d’artisan et la sincérité du propos. Jean-Pierre Pernaut likes this.  Pour ce 21ème chapitre, qui fait suite à l’impeccable album de Kassem Mosse et à un EP du patron, Workshop revient à un format qu’il a régulièrement privilégié par le passé, la mini-compilation. Celle-ci a pour objectif de balancer sous les feux de la rampe quatre artistes britanniques moins connus. Et on ne vas pas y aller par quatre chemins : c’est rigoureusement indispensable, avec une face A complètement zinzin. Workshop 21 s’ouvre ainsi sur le « Feel Me » de Willow. Rien à voir donc avec le groupe belge ou le film de Ron Howard : on est ici dans une bombinette house bien deep portée par un sample R&B imparable. Un titre au groove suave qui n’avait pas échappé à Move D, qui avait inclus le titre dans son mix pour la Fabric. Ensuite, changement de cap total avec « Somebody’s Baby » de Tapes, une merveille de pop lo-fi qui ressemble au genre de berceuse que tu aimerais chanter à un gosse si ce petit con ne s’entêtait pas à kiffer Henri Dès, comme tout le monde. Sur la face B, c’est un peu moins bon, mais c’est de l’excellente came quand même : entre l’épopée synthétique de The Horn sur « Villager » (un titre de… 1996 !) et l’incursion du Mancunien Herron sur des territoires où la house prend de la hauteur et quelques chemins de traverse, il va être difficile d’avoir quoi que ce soit à redire sur la qualité du produit proposé. Quatre titres, pour quatre véritables propositions musicales, et surtout quatre découvertes qui imposent Lowtec et les gars de chez Workshop comme d’incroyables découvreurs de talent. Sinclair et Dédé Manoukian peuvent aller se faire foutre.

Le goût des autres :