WIXIW

Liars

Mute  |  2012
7 / 10
par Michael  |  le 24 juillet 2012

N'ayant jamais été un fan des Liars, que je trouve très surestimés et un peu artificiels dans leur démarche (mais c'est un point de vue qui n'engage que votre serviteur), j'avoue que la perspective d'écouter ce nouvel album m'en a touché une sans faire bouger l'autre. Et pourtant, pour ne pas finir une journée bêtement sur de mauvais a priori, j'ai écouté "No.1 Against The Rush" qui là pour le coup... enfin bon, vous aurez compris. Le morceau qui file le frisson, et qui devient très vite addictif. On pense à une espèce de crossover entre les Horrors de Primary Colours pour le côté néo-rétro-post-moderne-contemporain, le rock choucroute métronomique et planant de Neu ! et un bon vieux Section 25 ou tout autre disque issu des débuts de Factory Records pour la froideur blanche et sensuelle. Un bon produit d'appel en somme, qui nous poussera en tous cas à approfondir les choses avec ce nouvel album.  

On a souvent présenté ce sixième effort des trublions New-Yorkais comme leur mue Kid A à eux. Voilà qui en dit long sur la pauvreté de la critique musicale de par chez nous. Dès qu'un groupe réorganise un tant soit peu sa palette chromatique en utilisant quelques boîtes à rythmes et des claviers analogiques, on s'empresse de citer la bande d'Oxford et sa petite révolution personnelle. Ca en devient assez pénible, même si ça n'enlève rien au mètre étalon que constitue indéniablement Kid A dans l'histoire de la musique de ces vingt dernières années. Or, les Liars ne sont pas Radiohead. Ca n'a jamais été un groupe au succès retentissant, à la fois critique et mainstream, et il n'ont absolument pas le même parcours discographique, puisque outre They Threw Us All in a Trench and Stuck a Monument on Top, le trio américain a toujours été dans l'expérimentation et la recherche sonore, recherche qui a toujours primé sur l'écriture de "chansons", au sens classique et formel du terme. De plus, il s'agit sans doute de leur album le plus accessible quand Kid A s'éloignait des singles au potentiel radiophonique certifié platine de The Bends et OK Computer.

On est donc assez surpris de la couleur de WIXIW. Une couleur pâle et diaphane, sans épines ni grosses aspérités. On sent pourtant la noirceur et tout le potentiel dérangé des productions précédentes du groupe qui bat sourdement sous cette couche d'électronique. On a même droit à quelques moments très apaisés où pointe une guitare acoustique dans une mélodie que l'on croirait sortie de la BO de More et du Pink Floyd juste post-Barrett. Et certains titres sont presques qualifiables de dansants, assumant rythmes et mélodies de dance floor d'abri nucléaire.  Sans retourner sa veste ni se vendre sur l'autel de la facilité ces menteurs-là réussissent donc une nouvelle fois à se réinventer de manière plutôt réussie, endossant un nouveau costume qui leur va finlament comme un gant et qui réussit même à séduire les anciens récalitrants. On ne doute donc pas que ce disque saura leur apporter une belle vague de nouveaux adeptes.  

Le goût des autres :