Wisemen Approaching

Wisemen

Babygrande  |  2007
8 / 10
par Jeff  |  le 5 mai 2007

Découvert en 2005 sur Wu-Tang Meets The Indie Culture, Bronze Nazareth a confirmé tout le bien que l’on pensait de lui en accouchant l’année suivante d’une premier album solo (The Great Migration) aussi réussi qu’ultra-référencé. Visiblement très en verve ces temps-ci, le petit protégé du RZA nous revient en ce début d’année avec son nouveau projet, The Wisemen. Accompagné pour l’occasion de Kevlaar 7 (qui officie également comme producteur sur certains titres), Phillie et Salute, le emcee/producteur né dans le Michigan mais biberonné au hip hop new-yorkais entreprend sur Wisemen Approaching de continuer le travail entamé sur The Great Migration : rendre au son de la Big Apple toute l’attention qu’il mérite et faire tomber de son piédestal l’immonde crunk.

Puisant allégrement dans une collection de disques soul que l’on imagine gargantuesque, Bronze Nazareth en extrait ces voix pures de divas oubliées, ces boucles de piano entêtantes et ces rythmiques imparables qu’il façonne et remet au goût du jour pour accoucher d’un hip hop qui, bien qu’il ait le regard vissé dans le rétroviseur, n’en reste pas moins percutant. Sans le moindre temps mort et refusant de s’encombrer de trop d’apparats, Wisemen Approaching voit le quatuor se lancer à corps perdu dans un hommage vibrant à ces disques désormais classiques qui faisaient qu’il y a encore quelques années de cela, la Grosse Pomme donnait le tempo. Evidemment, un album de hip hop ne pourrait être considéré comme tel s’il ne contenait pas son lot de « featurings ». Mais bien qu’ils se fassent rares sur Wisemen Approaching, ils n’en restent pas moins d’une rare efficacité. Des sommets de maîtrise sont notamment atteints lorsque GZA (40 ans passés) vient prouver sur un « Associated » de derrière les fagots (et qui n’est pas sans rappeller le Wu époque Iron Flag) que les années n’ont pas d’emprise sur son flow et qu’il compte bien parmi les meilleurs maîtres de cérémonie de tous les temps. Quant à Vast Aire (du duo Cannibal Ox), Killah Priest ou Prodigal Sunn, ils sont égaux à eux-mêmes et se laissent emporter par les instrumentaux quatre étoiles façonnés par un Bronze Nazareth en toute grande forme.

Il serait trop facile de reprocher à Bronze Nazareth et ses comparses de jouer la carte de la facilité en usant et abusant d’une recette réputée infaillible. Car ils sont nombreux ces artistes qui ont tenté de se réapproprier un son mais se sont trompés dans les dosages. Sur Wisemen Approaching, tous les éléments se mettent en place dans la plus grande facilité et permettent aux Wisemen – et plus particulièrement à Bronze Nazareth – de s’inscrire comme les dignes héritiers d’un Wu-Tang Clan qui n’a pas encore dit son dernier mot.

Le goût des autres :