Wankelmoods vol. 1

Wankelmut

Get Physical  |  2012
4 / 10
par Jeff  |  le 18 décembre 2012

Wankelmut, c’est un peu le cadeau de Noël avant l’heure que l’industrie du disque fait à Get Physical, le label fondé par M.A.N.D.Y., DJ T et Booka Shade. En effet, s'il y a quelques années encore la structure teutonne jouissait d’une excellente réputation (il est vrai à la faveur des tendances du moment), elle traverse ces derniers temps un méchant passage à vide. Les bonnes sorties se font rares et plus globalement parlant, cette tech-house inoffensive dont le label s’est fait une spécialité tourne à vide.

Mais dans ce tableau plutôt sombre, Get Physical peut compter sur l’éclaircie Wankelmut. Encore inconnu il y a quelques mois, celui que l’état civil connaît sous le nom de Jacob Dilßner est l’une des plus grosses success stories de 2012, puisque son remix du « One Day/Reckoning Song » se paie le luxe de côtoyer David Guetta ou Rihanna dans les charts de nombreux pays européens. En quelque sorte, Wankelmut nous fait un coup « à la The Magician », dont le remix du « I Follow Rivers » de Lykke Li a lui aussi commencé sa vie en étant proposé au téléchargement gratuit sur le Soundcloud de l’artiste. Et donc si Get Physical n’aura pas eu la chance de sortir le remix de « One Day/Reckoning Song », c’est toutefois sur le label que Wankelmut qu'il sort sa première compilation mixée officielle. Pour un résultat dont on ne sait trop s'il est à l’image du label ou de la jeune carrière de Wankelmut… On s’explique.

Il faut bien comprendre que Wankelmut est un jeune type qui, il y un an encore, partageait son temps entre des études à Berlin et sa passion pour la musique. Et occasionnellement se retrouvait derrière les platines de petits clubs de la capitale allemande. Bref, Wankelmut était un honnête passeur de disques qui, vu les lieux ou les créneaux qui lui étaient réservés, n’était sûrement pas là pour jouer la carte du risque. Propulsé sur le devant de la scène chez Get Physical, il doit convertir ce Wankelmoods vol. 1 en une sorte de carte de visite supposée lui ouvrir les portes des clubs d’Europe et d’ailleurs.

Voilà sûrement pourquoi sa sélection n’offre pas la moindre surprise. Ce qui ne serait pas dommage si ce manque d’originalité était compensé par des choix musicaux à l’épreuve de la critique facile. Et à ce niveau-là, le set manque clairement de coups d’éclats. C’est bien simple, passée une entame qui laissait entrevoir le meilleur (un dub d’Acid Pauli conjugué à l’imparable remix de DJ T pour le « Lovework » de Black Light Smoke), on a trop des doigts d’une main pour déceler les vrais moments mémorables de Wankelmoods vol. 1 (on citera quand même le « Reeves » de Superflu / Andhim et le remix du « Howling » de Ry & Frank Wiedemann par Âme).

Et pour le coup, on en revient à l’impression renvoyée par Get Physical ces derniers temps : celle d’une structure en pilote automatique qui a fini de nous faire rêver – comme a pu le faire M.A.N.D.Y. pour le compte de la Fabric par exemple. Disons que ce Wankelmoods vol. 1 va faire un tabac en musique de fond lors de votre prochain apéro entre potes aux goûts musicaux opposés ou inexistants. Ce qui en dit finalement assez long sur le contenu de la galette…