Wake Up EP

I.A. Bericochea

Idle Hands  |  2015
7 / 10
par Simon  |  le 19 mars 2015

Cette mini-chronique c’est avant tout l’histoire d’un revenant (avouons-le, c’est ce qui nous a motivés à vous en parler). L’histoire d’un mec qui sort du bois après des années pour nous claquer une bise sans qu’on l'ait vu venir.

Si le nom de cet Espagnol ne vous dit rien, on garde quant à nous le souvenir ému d’un I.A. Bericochea en bonne position dans l’arrière-garde de Minus. Attention, on ne vous parle pas du Minus actuel, déserté et puant de la gueule, vivant uniquement à travers les délires arty-chic d’un Richie Hawtin grisonnant. On vous parle du Minus de 2003, celui qui cassait des gueules dans le microcosme minimal-techno et qui imposait son touché aquatique et ses cadres – Troy Pierce, Loco Dice, Magda, Mathhew Dear, Heartthrob, Gaiser – aux quatre coins du globe.

Certes, l’Espagnol n’était pas la tête de gondole du bordel. Mais après un LP et un EP à l'apogée de la structure, il est temps de se rappeler cette maxime affectionnée par un ami proche de mon père (connu de moi seul ici) : « il vaut mieux être un plouc chez les nobles plutôt qu’un noble chez les ploucs ». Depuis onze ans, pas de nouvelles, le néant total. Si bien que c’est Discogs qui nous apprend qu’un deuxième LP a vu le jour sur ROJO.IT en 2005. On continue dans un parcours invraisemblable avec la signature du présent EP sur Idle Hands, label où on avait plutôt l’habitude de croiser des cracks du dubstep (Peverelist, Loefah, Kowton, Bass Clef, Kahn). Bref, avant même la première écoute de ce Wake Up EP, on était pris d’une certaine empathie pour la trajectoire à la Hatem Ben Arfa du personnage.

Avec tout ça on n'a encore rien dit sur les quatre titres qui composent cet EP. Clairement, l’Espagnol en a encore pas mal sous la pédale. Sa composition techno en douceur n’a pas relégué au placard les éléments aquatiques de son passé chez Minus ni les lignes de basse bien rondes et pleines de reverb qui en faisaient le cœur. Tant mieux, parce que derrière vient s'ajouter de la composition presque live, instinctive et pleine d’envie.

Inclassable sur la forme et pas mal éloigné des standards house/techno qu’on nous jette sans cesse à la figure, ce Wake Up EP balance du soleil avec classe et minimalisme. C’est très propre, parfois leftfield (avec un final dubstep-techno/gitan de papa) et ça plaira à tous ceux qui ont envie de mettre un peu de groove simple et touchant sur leur platine. Mec, on te remercie et on te donne rendez-vous dans dix ans, sur un label de reggaeton, cette fois.