Volume Two

She & Him

Domino Records  |  2010
7 / 10
par Gwen  |  le 20 avril 2010

J'ai beau chercher, je ne connais pas d’âme masculine sur cette planète qui ne soit pas un peu, beaucoup ou à la folie, amoureux de Zooey Deschanel. Dotée d’immenses prunelles de chaton à adopter, elle s’est toujours amusée à malmener le coeur de ses partenaires en jouant les hirondelles impertinentes qui ne cèdera pas les secrets de ses jupons à n’importe quel prétendant. Et je ne peux même pas lui en vouloir. Bitch. Car la demoiselle a sans aucun doute de la ressource. Contrairement à une tripotée de comédiennes qui poussent la chansonnette car "elles le valent bien" ou qu’il leurs fut facile de s’approprier la couche de l’un ou l’autre guitariste éperdu, Zooey ne batifole pas dans le domaine comme on trempe un doigt distrait dans la pâte à crêpes. Musicienne accomplie, elle promène son petit talent avec légèreté mais non avec désinvolture.

Le Him, quant à lui, laisse volontiers le charme des projecteurs à sa complice aux longs cils, préférant occuper le fond de la scène, lui offrant ses compositions en toute discrétion. M. Ward déroule pourtant une sérieuse bobine d’albums en solo et une collaboration remarquée au sein de Monsters of Folk, en compagnie de Conor Oberst, Mike Mogis (Bright Eyes) et Jim James (My Morning Jacket). 

Ce Volume Two préparé par nos oisillons (et qui fait étrangement suite au… Volume One) est ce qu’on pourrait appeler une succession de "lundis au soleil". Chose qu’on n’aura jamais mais qu’il serait cependant possible de capturer sur un disque optique. Je vous conseille donc de copieusement remplir le panier à pique-nique et de vous préparer pour le voyage vers Pleasantville. Sur leur nappe vichy, She & Him déploient leur version de la pop édulcorée very fifties, période satinée où les tourtereaux comptaient les pâquerettes en partageant un milkskake banane. Miss Deschanel se moque bien de ses temps de crise et les enrobe de sa voix ronde de baby-sitter bienveillante, poussant même le retour vers le futur jusqu’à cette nonchalante reprise du classique "Gonna Get Along Without You Now"

Ne pensez pas déceler un quelconque message politique subliminal dans le jukebox, ce ne sont que des messages d’amour, plein de doowap doowap et autre padam padam. Et si elle souffre d’un sérieux manque de modernité, cette petite sucrerie petulaclarkienne possède tout de même l’infini mérite de vous rendre instantanément votre bonne humeur au point que vous remarquerez l’éclosion des jonquilles entre deux pots d’échappement. A se demander si tout cela est bien légal...