Total 15

Kompakt

Kompakt  |  2015
7 / 10
par Jeff  |  le 2 septembre 2015

A une époque pas si lointaine que cela (on doit avoir assez de ses deux mains pour compter les années), Kompakt était l’équivalent d’Ostgut Ton aujourd’hui: une structure que tout le monde dit adorer mais que l’immense majorité de ces fameux fans connait affreusement mal.

C’est pas difficile : allez à un dj set de Ben Klock ou de Marcel Dettmann et demandez à quelques personnes prises au hasard si elles seraient en mesure de vous citer le nom d’un album d’un de ces types qui, à eux deux, totalisent quand même un petit 600.000 fans sur Facebook. Ou le nom de trois autres artistes affiliés à la structure berlinoise. En gros, votre réponse symbolisera la hype dans tout ce qu’elle peut avoir de plus superficiel et vain.

Un état des lieux à peu près aussi déprimant que les lendemains qui déchantent et qui ne manqueront pas de frapper Ostgut Ton le jour où la techno bien martiale sera passée de mode – parce que oui, ça passera un jour de mode, comme cette tech-house froide mais extrêmement dynamique qui faisait le bonheur du comptable de chez Kompakt est un jour passée de mode.

Un comptable qui, aujourd’hui, a dû constater une baisse des cachets de Michael Mayer ou Superpitcher, mais qui doit au moins sourire quand il voit le cash généré par la nouvelle vache à lait du label, Kölsch. Certes, avec sa house qui carbure un peu au poujadisme, le Danois n’est pas vraiment l’artiste qui représente au mieux le son Kompakt, mais son efficacité ne peut être contestée et en fait désormais la tête de gondole incontournable – et son « Derdiedas » judicieusement placé en ouverture de la Total quinzième du nom n’est que la confirmation de son importance.

Derrière, rien de bien neuf sous le soleil pour celles et ceux qui sont désormais habitués aux double-compilations Total. Comme à chaque fois, un juste équilibre est trouvé entre titres inédits et sorties récentes; mais aussi entre artistes de renom passés par la case Kompakt pour un « one off » (Agoria ou Audion cette fois), petits nouveaux (mention spéciale pour les très prometteurs Weval remarqués avec l’EP Easier) et vieux de la vielle qui ne loupent jamais un épisode (heureusement qu’il y a les compilations Total et Pop Ambient pour se rappeler au bon souvenir de Jürgen Paape ou Wolfgang Voigt). 

Tout cela est donc sans surprise, et de bonne qualité sans être renversant. Et comme à chaque fois, cet enchaînement de singles est un peu indigeste, même si une grosse partie des trucs ici entendus se retrouveront dans les sets de pas mal de mecs au nez creux et au bon goût avéré dans les semaines et mois qui viennent. Bref, Kompakt va bien. C’est juste dommage qu’il y a de moins en moins de monde pour s’en soucier.