The WIZRD

Future

Freebandz  |  2019
3 / 10
par Ruben  |  le 30 janvier 2019

20 titres. Future a intérêt à être dans une forme olympique s’il souhaite nous garder éveillés durant vingt putains de titres. Sans grande conviction, on lance le disque – après tout, Dirty Sprite 2 alignait 18 titres et Dirty Sprite 2 c’était quand même vachement bien. Mais DS2 c’était aussi il y a 4 ans, soit une éternité dans un rap qui a bien changé dans l'intervalle. D'ailleurs, sur la doublette FUTURE / HNDRXX de 2017, on avait bien senti que le rappeur d’Atlanta avait un peu de mal à renouveler sa formule. Pour The WIZRD, ce sera donc quitte ou double - mais vu la note, vous avez déjà compris.

Tout d’abord, il n’y a pas de « Mask Off » sur The WIZRD, c’est-à-dire qu’on peine honnêtement à discerner un banger capable de dominer le Billboard - et on sait que dans la division dans laquelle évolue Future, c'est un besoin impérieux. Ensuite, ses lamentations autotunées d'une musicalité folle ratent leur cible. Les structures sont si répétitives et si peu inspirées que même une armée de producteurs talentueux (Southside, TM88, Wheezy, Tay Keith, Richie Souf) ne parvient pas à faire oublier la platitude d’un disque qui ne présente absolument rien d'innovant. Désarmé et visiblement à court d’originalité, Future ne retrouve jamais la fougue d’un « Fuck Up Some Commas », l’exubérance d’un « Draco » ou la délicatesse d’un « Low Life ». En fait, les poussifs « Stick To The Models », « Promise U That » ou « Overdose » ressemblent surtout à de pâles copies de ce qui a si bien fonctionné par le passé. À court de solutions, l'ATLien ressort alors les vieux schémas de jeu périmés et il ne faut qu’une dizaine de minutes pour commencer à regarder sa montre. 

En réalité, le vrai problème de The WIZRD, c'est qu'il est un album d’un autre temps ; un projet sans queue ni tête qui aurait pu passer entre les mailles du filet en 2012, quand Future dictait sa loi sur le rap US. Mais ce que le MC d'Atlanta refuse d'admettre c’est que la recette de son succès a été analysée, copiée et rabâchée des centaines de fois par la concurrence depuis. Une renaissance était nécessaire, une page devait être tournée. C'est tout le contraire qui se passe ici, et c'est terriblement ennuyeux - au sens propre comme au sens figuré.