The Messenger

Planetary Assault Systems

Ostgut Ton  |  2011
note : 8
8 / 10
par Simon  |  le 1 novembre 2011

Malgré vingt ans de présence, une quinzaine d’EP’s et un sixième album à la rentrée, l’entité Planetary Assault Systems reste une des balises les plus importantes de la communauté techno. Facile, me direz-vous, quand vous vous appelez en réalité Luke Slater, et qu’avec ou sans votre pseudonyme vous figurez parmi les plus grandes figures du genre. Il n’empêche que malgré les années, l’Anglais a encore pas mal de leçons à donner aux jeunes arrivants, la preuve avec ce The Messenger autoritaire.

On soulignera tout d’abord la deuxième collaboration avec l’omnipotent label allemand Ostgut Ton (Marcel Dettmann, Ben Klock, Steffi,…), qui rappelle sans trop de problème que le label du club Berghain s’inscrit bel et bien dans un revival techno qui prône la méthode dure. Pourtant il n'est nullement question ici d'un retour en arrière, car si la tendance est aujourd’hui de revenir à des fondamentaux techno à nouveau assumés, la production de Luke Slater n’a jamais bougé d’un poil et s’est contentée de traverser les âges et les tendances. Le temps s’est adapté à elle, jamais l’inverse.

Il y a deux ans, Temporary Suspension avait fait l’effet d’une bombe : tant de rigueur rythmique pour un album intangible, tendu à l’extrême et toujours à la frontière des sentiers hard-tech. Une réussite totale qui collait parfaitement au retour des structures nerveuses et animales que subissait la techno à l’époque. En 2011, The Messenger – et la carrière de Planetary Assault Systems d’ailleurs – continue sur cette lancée fière et immuable. Un album modèle à suivre : architectures en forme d’autoroutes de nuit, attitude de daron exigeant et une force de frappe non négligeable. Forcément tu plies ou tu casses. Si on s’en tient au précédent album, The Messenger se fait plus nerveux que violent, l’occasion de glisser plus en profondeur dans les textures et de varier les styles. Et si les comparaisons devaient se faire quant au reste de la scène, on trouve de tout ici : il y a du Robert Hood (« Kray Squid » ressemblant pas mal à un hommage au « Minus » du maître de Detroit), du Plastikman (« Rip The Cut »), du Surgeon (« Cold Boster ») ou plus généralement des références à tous les héros de la période old-school du genre (Speedy J, Dave Clarke, Ben Sims et les dizaines d’autres derrière).

Finalement The Messenger est un disque de techno fait par un grand de la techno pour des amateurs de techno. Un sixième disque qui synthétise toutes les qualités du genre, à savoir l’équilibre si difficile à trouver entre instinct et rigueur technologique. Peut-être pas le plus facile pour tout qui souhaiterait par ici pénétrer le cercle des initiés, mais la techno dans sa finalité n’a jamais été une musique aisée – du moins si on la conçoit un tant soit peu sérieusement. Quoique non, ruez-vous sur ce disque impérativement, car finalement ce sont les professeurs les plus exigeants qui forment les élèves les plus assidus.

Le goût des autres :