The Great Pretenders

Mini Mansions

Capitol Records  |  2015
8 / 10
par Gwen  |  le 14 avril 2015

"- M'sieur Hoooomme, eskeu j'peux aller jouer dehors avec mes copaaains?
- Oh, oh! Alors comme ça, on voudrait prendre l'air, mon petit bonhomme? Allez… c'est d'accord *wink*. D'habitude, c'est moi qui vous laisse en plan pour vider des shots de tequila avec mes potes donc je peux bien relâcher la laisse de temps en temps. Mais garde ton gsm à portée de main et ne parle pas aux inconnus!
- Wouéééé! Et tant que j'y suis, on voudrait bien faire signe au petit Alex Turner. On a besoin d'un gardien de but.
- Okaaaay... Je veux bien vous le prêter mais vous ne me le cassez pas, hein. Il peut encore me servir.
- Et on comptait aussi appeler le vieux Brian Wilson. Il nous a promis de nous apprendre deux-trois tactiques sympatoches!
- Mmm… grrr… numéro sur le frigo… gniii…
- Et puis, en fait, avec les copains, on a écrit quelques chansons qui claquent plutôt pas mal et ça risque d'attirer un beau paquet de meufs donc il est possible que je ne rentre pas tout de suite tout de suite…
- T'AS PAS FINI DE ME CASSER LES BURNES, SALE INGRAT!"

C'est ainsi que Michael Shuman, bassiste attitré des Queens of the Stone Age, s'en alla rejoindre gaiement ses camarades Zach Dawes et Tyler Parkford pour emballer ce deuxième album de Mini Mansions qui fleure déjà bon le mini-succès. Parce que c'est bien gentil de se fracturer les phalanges pour une bande de mercenaires mais un peu de pop synthétique, ça caresse chattement bien dans le sens du poil.

Si leur premier effort n'a pas forcément marqué les esprits, The Great Pretenders peut se targuer d'enchaîner les bombinettes sucrées-salées qui se sont longuement pomponnées en attendant leur passage sur scène. A défaut de découdre les codes du genre, les gaillards démontrent une belle aptitude à racler toute la crème psyché-pop qui a fait ses preuves et à accorder au peuple ce qu'il exige, c'est-à-dire des putain de bonnes mélodies. Rondes et élégantes. Vous pourrez donc vous amuser à pointer ce qui appartient aux Beach Boys (difficile de balayer l'influence lorsque Wilson vient traîner sur "Any Emotions"), aux Beatles (le très lennonien "Heart of Stone"), à Bowie et peut-être même à Electric Light Orchestra pour le clin d'oeil funky-kitsch. Se chamaillent ensuite Tame Impala et MGMT (à l'époque où ils avaient encore toutes leurs frites dans le même sachet) et pour la touche "mauvais garçon qui pue le sexe et tu le regretteras sans doute le lendemain", il suffisait de convier Alex Turner qui vient truander un couplet de "Vertigo" avec la nonchalance appropriée. A la fois sombre et léger, comme la goutte de poison dans ta tasse de thé.

Au final, The Great Pretenders, c'est un hold up flamboyant auquel tu ne résistes pas des masses parce que les gangsters ont de la classe et du doigté. Et tu espères sincèrement qu'ils ne se feront pas boucler lors de leur prochain coup. 

Le goût des autres :