The Afterlife

The Comet Is Coming

Impulse! Records  |  2019
8 / 10
par Émile  |  le 2 octobre 2019

En sortant un mini-album, quelques mois seulement après la sortie de Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery, on peut dire que les conditions pour se faire une chronique de The Afterlife n’étaient pas vraiment réunies, et qu’on aurait pu laisser passer le truc sans en toucher un mot. Sauf que. Sauf que voilà, The Comet Is Coming est sur une excellent pente, et on s’en serait voulu de manquer le train en route.

Depuis Channel The Spirits, premier album prometteur mais perfectible, le groupe anglais s'est progressivement débarrassé de ses airs de work in progress pour s’avancer lentement mais sûrement vers une vraie œuvre musicale. La diversité des morceaux, le travail des synthés, l’ajustement du rôle du gourou Shabaka Hutchings, tout faisait de Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery un disque incontournable.

Alors quel est le rôle de The Afterlife ? Cet EP de six titres, très probablement enregistrés en même temps que le LP, a clairement pour objectif de compléter son grand frère. Et alors qu’on pensait la boucle bouclée sur Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery, la mystique The Comet Is Coming nous révèle que cette totalité n’était que partie, dépassant du coup nos attentes. Plus qu’une série de morceaux qui auraient été laissés de côté dans la dernière ligne droite, The Afterlife est un vrai projet à part, pensé pendant l’album pour être le compagnon paradoxal venant ajouter un superbe déséquilibre à l’écoute des deux disques.

L’énergie du mystère est toujours là, mais plus profonde et subtile encore, comme on l’entend sur « The Softness Of The Present ». Les trois musiciens rapetissent, de plus en plus discrets et loin de la franchise désormais adolescente de leurs premiers morceaux. Partout des échos apparaissent, enrichissant les deux ensembles : à l’incroyable titre avec Kate Tempest répond « All That Matters Is The Moments » avec le poète Joshua Idehen qu’on avait déjà croisé chez Sons of Kemet ou sur Channel The Spirits ; à cette « Lifeforce » à laquelle on devait accéder par le premier album répond sa matérialisation dans ces deux titres qui ouvrent le disque ; et à cette péremption rendue inévitable par l'économie du streaming, c’est tout un propos sur la réincarnation qui vient donner du sens à la musique. Danalogue, betamax et King Shabaka sont les mêmes, et ne le sont plus à la fois. Ils changent, se transforment, se modifient dans leur musique et ne sont plus ce qu’ils sont que sur le fameux instant dont il est question ici.

Tranquillement, avec The Afterlife, Comet Is Coming vient de nous montrer comment ne pas faire mourir un disque, plus de six mois après sa sortie. Et comme un retour vers la réécoute de Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery, le disque nous prend par la main pour nous montrer son envers et son complément.