Simple

Andy Yorke

Aktiv Records  |  2008
8 / 10
par Splinter  |  le 15 novembre 2008

Difficile, pour ne pas dire impossible, de parler d'un album d'Andy Yorke sans évoquer son frère au moins un instant. On serait pourtant presque gêné pour lui de cette situation, sans que l'on sache si cette fraternité l'encombre ou l'embarrasse. Car Andy Yorke est le frère cadet de Thom Yorke, leader de Radiohead et grand maître du rock britannique depuis, disons, presque une quinzaine d'années. Il est bien délicat, dans ce contexte, d'éviter les comparaisons ou, à tout le moins, les références. A ceci près qu'en dehors de ce nom et de quelques ressemblances vocales, les frères Yorke n'ont rien en commun. Ils n'ont jamais joué dans le même groupe, ils ne jouissent évidemment pas de la même renommée et, surtout, ils évoluent l'un et l'autre dans des registres assez différents. Vous êtes prévenus.

Il y a dix ans, Andy Yorke officiait au sein du groupe Unbelievable Truth, auteur de deux très beaux albums, Almost Here (1998) et Sorrythankyou (2000), suivis d'une collection d'inédits, Misc. Music (2001), que l'on réécoute de temps en temps avec grand plaisir. En 2000, Yorke a cependant brusquement décidé de quitter ses comparses Nigel Powell et Jason Moulster pour reprendre des études et partir en Russie, laissant ainsi une poignée de fans orphelins de son joli brin de voix et de ses superbes mélodies. Car, si l'on osait une comparaison pertinente, c'est Damien Rice que l'on invoquerait. Andy Yorke, contrairement à son frère, ne cherche pas à innover ni à réinventer le rock. A vrai dire, il ne voulait même plus entendre parler de musique il y a encore quelques années.

Malheureusement pour lui, et heureusement pour nous, le démon musical n'abandonne pas si facilement. Après avoir travaillé en Russie en tant que traducteur pour Greenpeace, Yorke a cédé de nouveau aux sirènes de la composition : "après des années d’hésitation entre la Russie et la musique, j’ai enfin compris que lorsque deux choses vous tiennent à cœur dans la vie, vous n’avez pas à faire de choix". Revoici donc Andy Yorke, cette fois-ci en solo, pour son premier album, Simple.

Désormais seul aux commandes, auteur et compositeur unique, Yorke a toutefois quasiment reformé Unbelievable Truth pour cette occasion : épaulé par son ami Nigel Powell, qui a coproduit l'album, il a également fait appel à Jason Moulster pour tenir la basse. Le résultat est éblouissant, à l'image des superbes "Diamant" et "One In A Million", et bénéficie évidemment d'une très grande proximité avec Almost Here. L'on est comme projeté dix ans en arrière à l'écoute de ces morceaux d'une très grande simplicité et d'une évidente sincérité, dont la beauté cristalline ne s'offre à l'auditeur qu'au fur et à mesure des écoutes. Moins élaboré que Sorrythankyou, Simple n'est pas, contrairement à ce que l'on pourrait croire, un disque uniforme. Il est manifestement l'œuvre d'un musicien introverti, dont la musique jouit d'une grande richesse cachée derrière l'apparente simplicité des arrangements et la tristesse des mélodies.

Simple, ce titre relève d'une évidence absolue. Andy Yorke est un garçon simple et talentueux qui n'a certainement pas à rougir de ses liens familiaux un peu encombrants. On est heureux qu'il ait décidé de revenir à la musique.