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Last Night In Paris

Last Night In Paris  |  2013
8 / 10
par Aurélien  |  le 18 décembre 2013

La soirée commençait pourtant bien: les potes étaient à l'heure, les voisins étaient absents et le son faisait tranquillement l'unanimité tandis que la meuf que tu convoitais depuis des mois semblait enfin à ta portée. Mais voilà, la garce semblait bien décidée à tout foutre en l'air en exprimant sa préférence pour Joey Bada$$ face à Drake. Tant pis pour l'ambiance: te voilà fou de rage et tu te retrouves à errer la clope au bec sous la lumière des réverbères. Tu réalises bien que ta soirée est foutue, alors de retour dans tes pénates, tu décides de perdre ton samedi soir sur la toile. Et dans ton périple, tu croises vers 3 heures du matin la route de Last Night In Paris, un énième web-label tout juste sorti des Internets, que l'on placera dans sillage de Soulection ou de Cosmonostro, et qui semble se frotter les mains à l'idée d'hanter tes nuits d'insomnies. Et on aurait du mal à lui en tenir rigueur: car si la structure s'en tient à la ligne directrice de cet EP compilation sorti de nulle part, elle ne végètera plus dans l'anonymat bien longtemps. C'est en tout cas ce que ces cinq titres entre cloud rap et R&B de cathédrale veulent nous faire comprendre. Les voix, les flows et les synthés se perdent dans des labyrinthes sonores empruntant autant aux beats poisseux de Blue Sky Black Death qu'à la witch-house à tiroirs de Holy Other. Un beau gros gros bordel trempé dans un bain de sel également capable de taper dans le banger baroque pour millionnaires en herbe façon Hit-Boy (l'imparable "Paris Army") ou de donner dans le genre de bêtises pour garçons émotionnels qui n'auraient pas dénoté sur l'album d'un certain Ryan Hemsworth. Avec ça, autant dire que non, on ne tient pas encore le projet qui va faire grimper notre niveau de testostérone. Mais qu'importe: on aime trop avoir le coeur brisé, on aime trop frôler la noyade émotionnelle.