Oddjob

SUMO

ACT  |  2008
7 / 10
par Franck  |  le 21 novembre 2008

Non... Sumo n’est pas une formation jazz nippone. (En passant, pour ceux qui ne connaissent rien au jazz du pays du Soleil Levant, allez voir Soil & Pimp Sessions, vous en aurez pour votre argent). Pour en revenir à nos moutons, Sumo est une formation suédoise. Primé d'un grammy suédois en 2002 pour leur premier album éponyme, le troisième album du groupe paraît chez l'excellent label allemand ACT, sur lequel on retrouve la plupart des albums d'un autre grand jazzman suédois. Parce que, bien sûr, pour le grand public amateur de jazz actuel, jazz+Suède= Esbjorn Svensson. Ce dernier était, il y a encore quelques mois, la figure de proue du jazz suédois des années 90-2000. Le pianiste étant décédé au mois de juin dernier (accident de plongée au large de Stockholm, ndlr), le jazz nordique a pris un sacré coup derrière la tête. Peut-on pour autant y voir une fin médiatique du jazz scandinave ? Sumo est un exemple qui rassure à ce sujet. Oddjob (du nom de l'assistant de Goldfinger dans le film du même nom, avec son fameux chapeau "tranchant", ndla) dévoile, en une cinquantaine de minutes, un jazz intime et parfois bruitiste, mais toujours mélodique. Les instruments à vent dominent certes, mais piano, vibraphone et glockenspiel amènent une touche de légèreté bienvenue. Le thème s'impose toujours malgré les improvisations des différents musiciens. Le talent de ces derniers n'est d'ailleurs plus à remettre en cause. L'un d'eux, Goran Kajfes, a même joué avec Sting  et les Cardigans. Et comme le jazz est toujours une histoire de compositions mais aussi de reprises, on a  le droit à LA reprise d'un morceau connu, en l'occurence "Where Did You Sleep Last Night". Titre traditionnel américain du début du XXème siècle, il a été popularisé par Bob Dylan et surtout par Nirvana sur le fameux Unplugged. La voix éraillée de Kurt Cobain fait place à une trompette presque trop joyeuse pour une tromperie conjugale. Un album enthousiasmant donc, qui rend évidemment hommage à de grands noms du jazz comme Horace Silver ("Golden Silver"). A noter le trop court mais magnifique "The Day TV to Still".