Livingstone

Jungle By Night

New Dawn  |  2018
7 / 10
par Jeff  |  le 26 novembre 2018

Si dans l'esprit de pas mal de monde aujourd'hui s'affranchir de structures aussi contraignantes que les labels est une bonne chose, il faut bien comprendre qu'à moins de s'appeler Beyoncé ou Radiohead, ce genre de démarche tient davantage de la gageure que de l'idée lumineuse. Plus que jamais, les labels restent des marqueurs forts face à une offre démultipliée par Internet et le streaming, mais aussi de vrais prescripteurs qu'on suit benoîtement une fois la confiance bien installée. 

La meilleure preuve de ce que l'on raconte, c'est que si ce nouvel album de Jungle By Night ne disposait pas du "Rush Hour seal of approval", il y a de fortes chances qu'on n'ait jamais entendu parler du groupe néerlandais, qui sort une nouvelle plaque sur New Dawn, imprint du label associé de l'enseigne amstellodamois fondée par Antal. Le constat est d'autant plus implacable que le groupe est loin de débuter : New Dawn est déjà son cinquième album. 

Des remerciements d'autant plus justifiés que la capacité du groupe à amalgamer kraut, jazz et afrobeat sans se prendre lamentablement les pieds dans le tapis est assez remarquable. Sur un disque qu'on nous vend comme celui de la maturité (on va faire confiance au scribouillard qui s'est chargé du communiqué de presse), les neuf musiciens laissent parler une certaine science du morceau qui groove simplement, malgré l'ouverture de nombreux tiroirs à l'intérieur d'un seul et même titre. 

On sait que la vraie difficulté de ce genre de disque, c'est d'arriver avec un produit fini qui est autre chose qu'une invitation à aller voir le groupe en live, où tout le monde s'accordera à dire qu'il excelle - ce que semble confirmer cette Boiler Room. Et l’excellente nouvelle, c’est que les gars de Jungle By Night parviennent à réaliser ce petit exploit sans donner l’impression d’avoir laissé leur âme ou leur énergie à l’entrée du studio - bien au contraire, elle semble simplement canalisée de façon différente, histoire de ne pas être dans une démonstration de force qui se révélerait un peu vaine ou stérile sur Livingstone. Comme l’explorateur, exactement.