Late Night Tales

Jon Hopkins

Late Night Tales  |  2015
7 / 10
par Amaury  |  le 10 avril 2015

Il aurait été regrettable d’omettre de nos papiers la Late Night Tales de Jon Hopkins, tant pour ce dernier que pour la série de compilations souvent sous-estimée - et ce malgré une nébuleuse de personnalités invoquées sous son enseigne, qui va des Arctic Monkeys à Trentemoller, en passant par Bonobo, Four Tet ou Metronomy.

Les merveilles renfermées dans ces sélections mixées sont nombreuses. Elles invitent un artiste qui devra composer une playlist, proposer une cover exclusive, ainsi qu’une lecture de texte, teintées de l’humeur des heures tardives. Il s'agit là de se rapprocher de l'univers intime de l'intéressé.

Lorsque l’on associe Hopkins au bout de la nuit, le projet rencontre un passeur capable de déployer sa potentialité onirique. Déjà balaise en la matière avec Asleep Versions, qui translatait quelques titres de son Immunity vers un pays fantasmagorique, Hopkins vient mettre des baffes aux plus nerveux.

B.O. aux allures de film d’auteur, lente et contrastée, on ferme les yeux en quelques coups de marteaux sur le piano des gammes « dodo ». Un seul titre fait claquer les verres de sky-coca, tout le reste sombre dans la retraite. Un déséquilibre peut parfois s'installer, mais la sphère s’enfume plutôt bien sur ces 72 minutes perlées de rêve. Les transitions, tissées par l’artisan entre ses chutes de vie, enchaînent les références, sans accrocs.

L'occasion de citer son camarade Nils Frahm et de démontrer, comme cet allié, que la musique électronique peut retrouver, au sortir des clubs, l’aristocratie du baldaquin.