iLoveMakonnen 2

iLoveMakonnen

OVO Sound  |  2015
7 / 10
par Ruben  |  le 18 décembre 2015

Si OVO Music était le Real, alors Drake serait Cristiano Ronaldo, leader incontesté d’une équipe de galactiques. Quant à Noah "40" Shebib, il se rapprocherait plutôt d'un Florentino Perez, soit celui qui tire les ficelles de l'institution et se positionne comme l'architecte de la réussite du collectif sur le terrain. The Weeknd ? Une sorte de James Rodriguez, la pépite en pleine éclosion. Et iLoveMakonnen dans tout ça… ce serait plutôt Marcelo. En retrait sur le terrain du rap-jeu et éloigné de la hype, la petite crapule d'Atlanta ne manque pas de talent et livre avec une régularité exemplaire des prestations solides.

Ainsi, s’il est loin d’atteindre les statistiques stratosphériques de ses aînés, iLoveMakonnen sait que s’il est signé dans une des écuries les plus glorieuses du moment, c’est pour sa capacité à jouer en équipe. Oui, à un moment de sa carrière, il a bien fallu jouer la passe-à-dix et sacrifier un couplet au chef de file sur le tube « Tuesday » histoire de justifier aux yeux du monde qu’il est digne d’être titulaire dans la compo d’équipe alignée par Drake, Noah "40" Shebib et Oliver El-Khatib depuis 2012. 

Et dès « Forever » qui ouvre ce nouvel EP, on retrouve le rappeur en pleine possession de ses moyens, accompagné du mielleux 1st et d'une Santigold ressuscitée – l’alchimie entre la chanteuse et le rappeur semble se confirmer avec son nouveau single « Who Be Lovin’ Me ? ». On enchaîne avec le lead single « Trust Me Danny » - inspiré par ce Vine - qui prouve que iLoveMakonnen sait faire danser les clubs un autre soir que le mardi. Un passement de jambe plus tard, on tombe sur le glacial « Flippin’ All Night » et sa prod bien pesante signée Richie Souf. Gros volume de jeu dès le premier quart d'heure, histoire d'asphyxier l'opposition sur les flancs.

Mais après des débuts très prometteurs, ça se gâte un peu. En effet, si on prend la peine d'analyser le projet dans sa totalité, on remarquera qu'il est un poil trop expéditif (seulement 30 minutes) et qu'il comporte quelques phases de jeu moins abouties comme « Being Alone With U » et un « I Loved U » qui part d'une bonne idée mais se perd un peu en chemin. Un peu léger pour un EP donc, alors que l'album commence à se faire attendre.

Loin d'endosser le brassard de capitaine et même un peu oublié par ses dirigeants (peu d'efforts marketing, aucun coéquipier présent sur le disque), iLoveMakonnen jouit donc d'une véritable position d'électron libre dans l'effectif d'OVO. Et c'est probablement mieux ainsi, à condition d'être à la hauteur de l'institution qu'il représente. Ce n'est pas toujours le cas sur ILoveMakkonen 2 mais on continue de penser que le bonhomme a un truc unique dans le rap actuel et que s'il exploite intelligemment son talent, il pourrait bien exiger une revalorisation de son contrat assez rapidement...  

Le goût des autres :