Faithful Man

Lee Fields & The Expressions

Truth & Soul  |  2012
8 / 10
par Jeff  |  le 19 mars 2012

énéralement, le fan de musique cool et/ou indé a la dent dure. Et il n’est pas du genre à absoudre facilement un artiste qui s’est rendu coupable d’avoir fricoté avec des gens peu fréquentables. Et ce malgré une ouverture d'esprit de façade à toute épreuve. Prenez Lee Fields, dont on a croisé le visage vieilli chez Martin Solveig – vous avez sûrement été harcelés par son « Jealousy  en 2009. Certes, c’est moins pire que d’aller piger chez les rois du melon David Guetta et Bob Sinclar, mais ça suffit déjà à vous coller une sale étiquette sur le front. Du genre à vous retrouver dans le même panier que cet obèse braillard de Big Ali. Pourtant, il faut vraiment considérer cette pige qu'on imagine pas mal rémunératrice comme un accident de carrière doublé d'une faute de goût. Parce que Lee Fields, s'il n'a pas la notoriété ou la respectabilité des grands tôliers de la soul et du funk sévissant dans les années 70, n'a rien d'un manchot. C'est d'autant plus regrettable que le natif de la Nouvelle-Orléans a depuis quelques années retrouvé son meilleur niveau et qu’il enterre finalement pas mal de jeunots de revendiquant d’un quelconque revival.

D’ailleurs, le ton est donné d’entrée de jeu. « I’ve always been a faithful man, ‘til I met you ». Le tout miaulé sur fond de soul qui transpire l’infidélité et pleure ses conneries. Clairement, Lee Fields n’est pas là pour conter fleurette à nos esgourdes. Par contre, en matière de love stories qui partent en sucette et d’histoires de sexe sale racontées avec l’élégance des plus grands, notre homme en connaît un rayon et ne se prive pas de nous le faire savoir sur les 10 titres de ce Faithful Man qui allie tradition et modernité. Tradition dans la manière dont Lee Fields plonge tête la première dans tout un pan de la musique soul et funk de la grande époque, qu’il a traversée sans grand fracas mais dont il n’a pas loupé une miette. Modernité dans la manière qu’a le jeune groupe qui l’accompagne (The Expressions) de faire entrer une instrumentation classique dans le 21ème siècle sans pour autant devoir se la jouer à la Mark Ronson. C’est dans cet équilibre parfait que les deux éléments s’entremêlent et accouchent d’un album qui fera certainement vibrer une corde nostalgique sans pour autant vous laissez un arrière-goût de poussière au fond de la gorge.

Le goût des autres :

note : 99/10Justin note : 88/10Amaury L