Every Country's Sun

Mogwai

Rock Action  |  2017
5 / 10
par Maxime  |  le 6 septembre 2017

Neuvième album studio pour Mogwai, pour lequel on n'a pas pu cacher une certaine impatience parmi les nombreux autres poids lourds de la rentrée à se manifester. En effet, le groupe de Glasgow vit depuis quelques année une seconde carrière d’un point de vue artistique, et ce qui a marqué ce renouveau est sans aucun doute leur travail sur la bande originale des Revenants. Si cette série n'est pas exempte de défauts, l’un de ses points forts est sans conteste la musique, entièrement composée par les écossais, qui avaient pour l’occasion sensiblement calmée leur formule à base de guitares orageuses et de montées en puissance, formule qui commençait à sérieusement tourner en rond. Plus courts (format OST oblige), centrés sur les claviers et plus boisés, les morceaux de cette B.O. étaient une franche réussite. Ce nouveau son a trouvé naturellement son prolongement dans le clair-obscur de Rave Tapes, synthèse des ambitions initiales du propos de Mogwai et de leur pertinence retrouvée.

On espérait sincèrement que Every Country's Sun allait prolonger cette dynamique, et l'espace de six minutes, la durée de l'introductif "Coolverine", on est comblé. Le morceau est du Mogwai pur sucre, convoquant ce que les chantres du post-rock savent faire de mieux. La suite n’est malheureusement pas du même niveau, au mieux désarmante, au pire décevante. Les titres de Mogwai sont rarement chantés, et quand c’est le cas il s’agissait de balades dépouillées. Ici "Party In the Dark" prend le contre pied complet de cette règle pour se aller dans une pop shoegaze qui ne dépareillerait pas sur le dernier Slowdive. Peut-être faut il y voir justement l’influence de ce groupe suite à la collaboration entre Stuart Braithwaite et Rachel Goswell au sein du projet Minor Victories l'an dernier. Si la tentative est osée, le résultat n’est pas vraiment convaincant. 

L’album oscille ainsi entre de bons moments misant tout sur les acquis de Rave Tapes ("Crossing The Road Material"), et des tentatives d'innover plus ou moins réussies. On a déjà évoqué "Party In The Dark", mais les explorations prennent différentes voies, comme sur "1000 Foot Face", aux choeurs angoissés et à la lente mélodie d'un synthétiseur agonisant; "Aka 47", entremet planant qui aurait pu durer deux minutes de moins; ou encore le doublet "Battered At A Scramble" / "Old Poisons" vers la fin de l’album, toutes guitares dehors lorgnant du côté du hard rock. Le tout fait d’Every Country's Sun un disque hétérogène, et si les morceaux pris séparément sont globalement intéressants, l’ensemble, aventureux mais en demi-teinte, manque cruellement de la cohérence qui faisait la force de leurs meilleurs enregistrements. 

Le goût des autres :