Cartography

Arve Henriksen

ECM  |  2009
7 / 10
par Franck  |  le 21 juin 2009

Arve Henriksen est un acteur incontournable du label ECM depuis plusieurs années. Ses collaborations avec Trygve Seim ou Arild Andersen soulignent la sphère musicale dans laquelle le trompettiste évolue. Avec Cartography, on plonge dans une ambiance imaginaire où s'entremêlent jazz, électronique et musique classique. Ici, les pays sont des genres musicaux et Arve Henriksen navigue au gré des vents à travers des atmosphères mystérieuses. Le trompettiste, avant d’être musicien, est surtout un chercheur. Ainsi a-t-il exploré diverses ambiances, venues d’Asie notamment. Il faut donc aborder Cartography autant comme une expérience (inaboutie ?) que comme un album au sens où on l’entend couramment.

On retrouve donc les sons électroniques les plus pointus du XXIème siècle comme des voix médiévales, avec le Trio Médiéval. Outre son aspect expérimental, le caractère intemporel de l’œuvre est recherché par Henriksen. Mystique, la musique du Norvégien évoque un Moyen-Age sombre, que l’imaginaire collectif a transmis depuis des siècles. Le choix de certains titres peut d’ailleurs confirmer ce parti pris comme par exemple « Famine’s Ghost ». Ce Moyen-Age n’est cependant pas uniquement occidental. Il traverse tous les continents (« Migration »), et en particulier l’Extrême-Orient. Cette ambiant se rapproche d’univers de musiciens comme Eno ou John Hassel, dont Henriksen se réclame. Si Cartography ne sonne pas jazz, il marque pourtant le retour du trompettiste à la musique improvisée, dans son approche en tout cas. On ne se débarrasse cependant pas de 20 ans d’expérimentations en quelques notes de trompette. Voilà pourquoi Cartography est un "objet" hybride d’ambiant, de jazz et d’influences temporelles variées. Il est surtout le premier "album" sur lequel Henriksen apparaît en tant que leader. Un objet d'une grande rigueur sonore et d'un lyrisme indéniable. Bref, une expérience réussie.