Beach House EP

Ty Dolla $ign

Atlantic  |  2014
7 / 10
par Jeff  |  le 21 février 2014

Entre l’album de Drake, celui de Earl Sweathirt, ou les dernières réalisations de Pusha T et Danny Brown, sans parler de tapes incendiaires signées Young Thug ou Action Bronson, on n’a pas vraiment su où donner de la tête en fin d’année 2013. Grosse activité sur les internets, grosse baisse de productivité sur le lieu de travail. Et si la rentrée ne manquera pas d’albums à suivre (le Schoolboy Q arrive, accrochez-vous à vos slibards), le calendrier est à l’heure actuelle un peu plus aéré, nous permettant d’aller farfouiller ailleurs que chez les habituels pourvoyeurs de millions de clics. Même si le dénommé Ty Dolla $ign est loin d’être un inconnu ou une parfaite baltringue.

Signé sur la major Atlantic depuis 2012, et responsable de deux mixtapes de première bourre (dont celle-ci à se procurer de toute urgence), la Californien fait partie de ces artistes qui ont pris le parti de faire entrer le son ‘ratchet’ dans les sphères R&B. Alors pour les novices, ce son ‘ratchet’, il se caractérise pas des productions minimalistes, des lignes de basses bondissantes et des braquages à la TR-808. C’est un sous-genre complètement mongolo, évocateur d’ambiances estivales, taillé sur mesure pour les boîtes de strip-tease (ou pour les rappeurs qui font des morceaux où ils parlent de leurs soirées dans les boîtes de strip-tease) et incarné par DJ Mustard, que l’on croise ici à plusieurs reprises. Et c'est enfin un courant qui se résume en une mixtape elle aussi assez imparable, Ketchup.

Et donc, sur ce Beach House EP, sa première sortie commerciale, Ty Dolla $ign se la joue tantôt grivois, tantôt lover. Ça raconte des cochonneries sur un ton tellement mielleux qu’on lui laisserait presque notre copine pour la soirée, convaincu qu’il la passeront à regarder une romcom comme deux couillons. Les vraies crasses, il les laisse à ses invités du jour, qui ne sont pas du genre à mâcher leur mots: qu’il s’agisse de Wiz Khalifa, de French Montana, de Travis $cott ou de Fredo Santana, on peut compter sur eux pour rentrer dans les quotas de punchlines qui flairent bon la testostérone. Et pendant que les copains roulent des mécaniques en se demandant qui a la plus grosse, Ty Dolla $ign susurre quelques crasses à la bombasse du quartier, qu’il ramène discrètement à la maison pour une petite partie de horizontal dancing. Clairement, en voilà encore un qui ira loin.

Le goût des autres :