Audio Video Disco

Justice

Because Music  |  2011
7 / 10
par Aurélien  |  le 19 décembre 2011

Tout le monde sur Internet (ou presque) a déjà posé son petit mot sur Audio, Video, Disco, deuxième album de Justice qui a su diviser une fanbase qui ne jurait depuis quatre ans que par leur premier essai, Cross. «Worst deception ever» pour les moins anglophiles d'entre eux, «Discovery en devenir» pour les autres, la nouvelle direction du groupe aura en tout cas réussi à ne pas laisser indifférent, celui-ci troquant sa disco crade contre une pop FM 70s pour habiller ses kicks/snares. Et devant autant d'incandescence, difficile de ne pas ajouter notre pierre à l'édifice deux mois après sa sortie.

C'est donc après un premier album rafraîchissant avec ce qu'il faut d'idées pour s'approprier un auditoire avide de wannabe Daft Punk que les deux bonshommes, sans doute victimes du syndrome Sexuality, ont jugé intéressant de recycler un catalogue sonore pas du meilleur goût le temps d'un album qui fleure bon les blousons de cuir. Allergiques aux flangers et aux solos de guitare à rallonge s'abstenir : le kaléïdoscope de références invoquées par Gaspard Augé et Xavier De Rosnay emprunte autant aux claviers des Who qu'aux solos de guitares des Scorpions. Tout un programme qu'il appartient au duo de rendre le plus digeste et le moins daté possible sur douze pistes d'un album qui n'est pas tout à fait la digne suite de l'album qu'on aura usé jusqu'aux fonds de culotte, mais qui n'en reste pas moins d'une efficacité redoutable.

Certes, Ed Banger n'a jamais été une mine d'or en termes de prise de risque – en témoignent les dernières livraisons de SebastiAn ou d'Uffie – et ce deuxième album de Justice ne parvient pas à faire figure d'exception. Pour autant, le temps des IPod Battles et des soirées intimistes au Paris Paris étant révolu, le groupe s'est trouvé un salut insoupçonné en s'éloignant des dancefloors qui lui sont si cléments pour se rapprocher des sillons de ses vinyles rock préférés, ceux-ci apportant à leurs mélodies, leurs guitares et leurs claviers un pendant ensoleillé, hétérogène, et plus pop encore – merci ici au précieux soutien vocal de Morgan Phalen, Ali Love et Vincent Vendetta. Ne cherchez rien de mental ou d'intellectuel là-dedans, l'unique pertinence du duo ici aura été de remémorer, au travers de pistes aux tics de production et aux clins d'oeils bien sentis, le son des big hair bands de l'époque. Et donc de permettre aux jeunots de ressortir les vinyles poussiéreux de Kiss et Genesis de la cave de leurs parents, là où les plus hostiles au son de cette époque vieillissante n'auront probablement pas autant d'intransigeance. Et on ne les comprend que trop bien.

Témoignage d'un groupe qui confrme qu'il n'a plus tellement sa place en tant que figure électronique, Audio, Video, Disco est surtout une énième preuve que recycler le mauvais goût est un pari typiquement parisien qui, réussi ou non, divise forcément. Il appartiendra donc à l'auditeur averti de faire sa propre justice face à ce nouvel album d'un groupe qui assume ses délires électro-rock et ses influences jusqu'au bout, et ce quitte à paraître racoleur. Pour notre part en tout cas, on a bien du mal à ne pas y revenir !

Le goût des autres :

note : 55/10Thibaut note : 33/10Soul Brotha note : 44/10Laurent note : 33/10Bastien note : 44/10Maxime