Sexuality

Sébastien Tellier

Record Makers  |  2008
6 / 10
par Nicolas  |  le 10 mars 2008

À l’époque de "La Ritournelle", qui aurait pu s’imaginer que le très seventies Sébastien Tellier puisse un jour s’accoupler avec Guy-Man, ce droïde ayant fait danser toute une génération avec des hymnes plus que fédérateurs ? Improbable certes, mais aujourd’hui il faut bien nous en faire une raison. Avec pour conséquence première, la perte de cette pop échevelée et grandiloquente qui constituait indéniablement la marque de fabrique du sieur Tellier. Alors qu’on l’avait quitté sur des Sessions, où il revisitait son répertoire au piano, ce dernier nous revient, tout de blanc vêtu, avec un Sexuality, au titre qui en dit long sur le propos. Pousse-toi de là, faut que ça brille !

Affichant au grand jour son amour pour les formes bien faites, l’imposant barbu montre également la facette la plus bling-bling de son être. Accompagné de la moitié des Daft Punk, dont on retrouve un peu partout des gimmicks, Sébastien Tellier fait aujourd’hui le grand écart entre les boursouflures électroniques de Jean-Michel Jarre et les sonorités du R’N’B américain, dont il admire la qualité de la production. Et s’il l’on peut effectivement y trouver certaines accointances, l’artiste se démarque tout de même par son romantisme, ce dernier l’empêchant de sombrer dans la vulgarité. Mais au-delà de ça, la grande force, et surtout le grand défaut, de ce Sexuality, c’est qu’il se déguste en terrasse à l’heure de l’apéritif. D’une légèreté absolue, l’opus se digère tellement facilement qu’il ne pourra donc prétendre à un passage plus tardif dans la soirée, quand celle-ci se mettra véritablement à démarrer. Excepté l’excellent "Divine", titre avec lequel Sébastien Tellier défendra les couleurs de la France à l’Eurovision, Sexuality ne donne que trop rarement envie de se chalouper. Et encore, on ne parle même pas de culbuter, ce qui pourrait être l’acte essentiel pour un disque sexuel, parsemé d’un bout à l’autre de gémissements lascifs. Dès lors, on ne sera guère étonné d’en sortir aussi frustré que d’un acte manqué…

Le goût des autres :

note : 77/10Jeff note : 77/10Simon note : 77/10Julien note : 99/10Soul Brotha