Analogtronics

Union

Fat Beats  |  2012
9 / 10
par Justin  |  le 11 avril 2012

J. Dilla n’est pas mort. Son génie était simplement caché à Paris depuis quelques années. Sa musique se réincarne aujourd’hui sous les doigts d’OJ et Gold, les deux compères d’Union, qui livrent avec Analogtronics un premier disque léché.

Soul clap et nappes suaves, clochettes et synthétiseurs gras, l’ambiance est posée d’entrée: la navette Union décolle pour un space-trip onirique avec, à bord de cette machine à démonter le temps, les meilleurs cosmonautes du marché. Talib Kweli et Sly Johnson montrent le bout de leur nez dès la troisième piste tandis que MF Doom vient balancer ses quelques mesures dominicales dès le morceau suivant. Ensuite, ça déroule sans jamais redescendre.

Sur un disque parsemé d’interludes soulful et délicates, Union distille, avec l’application d’un quarterback NFL, des perles millimétrées aux meilleurs artisans du mid-under Nord-Américain (Elzhi, Guilty Simpson, Big Pooh, Moka Only) et à la crème des « copains » qui ont gravité autour de l’excellent band parisien Beat Assailant (dans lequel Gold assurait les claviers). Outre le MC lui-même sur la très efficace bonus track « Boy », on retrouve la délicieuse Janice Leca sur l’épatante « Falling » ou la charismatique Rachel Claudio qui s’offre à un ballet de susurrations charmeuses sur « Song for Janasa ». On citera aussi Mani Hoffmann, qui s’offre une prestation kravitzienne sur le planant « Baby Mama ».

Ce disque, carré au possible, manque cependant peut-être de spontanéité. Quoi qu’il en soit, il transpire le travail acharné de deux producteurs de talent qui se sont offert un premier effort transcendant. Rien de moins. Et à l’heure où un album semble plié avec 13 titres chichement enchaînés, Union nous réconcilie avec le format en proposant 17 pistes et interludes soigneusement garnies de quatre jolis bonus tracks. Le résultat: une heure de plaisirs vaporeux qui fait figure de véritable exploit tant au niveau de l’équilibre des invités qu'à celui de la teneur musicale du projet.

Le goût des autres :

note : 88/10Soul Brotha