Éliane Radigue nous a quittés

par Côme, le 24 février 2026

Éliane Radigue avait 94 ans, et c'est peu dire qu'elle était une légende des musiques expérimentales. Élève puis collaboratrice du père de la musique concrète Pierre Schaeffer et collaboratrice de Pierre Henry, elle aura ensuite connu une carrière solo libre et inclassable.

Si elle se démarque en effet relativement tôt des autres membres du GRM (en utilisant certes des bandes magnétiques mais pour explorer la lenteur extrême), la vraie rupture se produira avec sa découverte des synthétiseurs analogiques, en l'occurrence l'ARP 2500 lors d'un voyage aux États-Unis. Partant de là, ce ne sont pas moins de trois décennies qu'elle passera à exploiter totalement cet instrument et à suspendre le temps par ses drones. L'œuvre maitresse de cette période (et très belle porte d'entrée dans sa musique) est assurément La Trilogie de La Mort, inspiré notamment par sa conversion au bouddhisme, sa pratique de la méditation et sa lecture du Bardo Thödol.

Depuis les années 2000, et après un ultime chef-d’œuvre à l'ARP 2500, Éliane Radigue explorait le champ des compositions pour instruments acoustiques. Une exploration perpétuellement inachevée au fil des itérations de OCCAM OCEAN, série de "phantasmes sonores" qu'elle composait à chaque fois avec des musiciens qui figurent eux-mêmes parmi les meilleurs des musiques contemporaines (on vous renvoie ici à cette œuvre à l'orgue ou à cette captation de la première composition par Arte Concert).

Vous l'aurez compris, nous venons de perdre une immense compositrice. Toutes nos pensées vont évidemment à ses proches.