Singin' to an Empty Chair

Ratboys

New West Records – 2026
par Jeff, le 18 février 2026
7

Dans le langage cinématographique, l’europudding fait référence à une coproduction impliquant plusieurs pays européens, généralement avec des acteurs de nationalité différentes et le recours à plusieurs langues. Bref des films incapables de plaire au plus grand nombre (l’ambition initiale) car ils ne ressemblent à personne. Ça peut parfois donner des choses très intéressantes comme le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud. Par contre, vous n’avez probablement jamais entendu parler de l’adaptation au cinéma du Parfum de Patrick Süskind, et c’est tant mieux. On a envie de faire un parallèle entre ce concept totalement con et contreproductif d’une part, et la façon dont la musique des Ratboys peut être appréhendée de l’autre. Sauf que contrairement à tous ces films européens aussi utiles que des couverts au McDo, la musique du groupe américain séduit et fait sens dans sa façon d’abolir les lignes de démarcations qui pourraient exister entre des coins du pays qui n’ont pourtant pas grand-chose à se raconter – et si c’est le cas, ça finit en pugilat. Il y a chez les Ratboys une propension à vouloir réconcilier la country de Nashville, le grunge de Seattle et une certaine idée de l’esprit slacker californien, et d’apposer sur l’ensemble un vernis Midwest emo qui le rapproche alors de sa base de Chicago. Si vous voulez la même phrase, mais avec des noms propres, on pourrait dire que cet albums fait entrer en fusion les hymnes chaotiques de Wedensday et la country folk lissée de Waxahatchee, et que la chanteuse Julia Steiner nous plie ça avec le charisme pépouze d’une Mitski. Et c’est ainsi qu’un disque qui aurait dû manquer d’âme à trop vouloir s’en chercher une aux quatre coins du pays-continent finit par ressembler à l’idée que l’on se fait de quelque chose de totalement cainri, du moins pour nos oreilles d’Européens. Vous reprendrez bien un peu de pudding?