Reek of God
Barbarian
Un disque tient parfois simplement de son introduction. « Warning (Intro » est à lui seul un bon résumé de ce qui vous attendra sur Reek of God : du blasphème à faire suer une pute à l'église, du heavy « fvckin » metal et une bonne tranche de rigolade tout du long. Outrageusement insultante envers la religion, cette entrée en matière - qui se calque sur l'ouverture du Home Invasion de Ice-T – replacera immédiatement Barbarian dans le coeur de ceux qui ont au moins penché une oreille sur les cinq premiers albums du gang italien. Les rois du « Retrograde Metal » sont effectivement de retour, cette fois sur Dying Victims Productions après un long service pour Hells Headbangers, avec toujours la même intention d'approfondir la veine blackened thrash/speed qui avait fait le succès du très bon Viperface en 2022. La formule semble immuable pour Barbarian qui semble pouvoir uniquement nous servir des brûlots courts, énergiques jusqu'au point de surcharge et pas toujours forcément malins. Habillé par une production qui a mangé du lion, ces douze titres convoquent ce que la première vague du black metal a fait de meilleur (pensez à Venom, aux balbutiements de Celtic Frost ou de Bathory) et du thrash de guerre (Sodom ou Kreator) pour un résultat allant de l’efficace à l’efficace sans passer par la case développement personnel.
Quoique, pris comme une juxtaposition simple de ses influences, cela sonnerait comme un produit affreusement sombre et misanthrope. C'est tout ce que Reek of God n'est pas, la faute à une impossibilité de rester sérieux et à une inclinaison heavy metal/black'n'roll qui donne toujours le sourire. Sans jouer les gigolos pour autant, Barbarian aligne ses tirs de manière frénétique, et parfois à la limite du pilote automatique. C'est d'ailleurs probablement sa faiblesse à la fin de l'exercice : l'interchangeabilité du tout, qui ne se conçoit réellement que comme un produit d'ensemble, sans pouvoir souligner de véritable moment de gloire. Un disque catchy, mais sans véritable gimmick. A éviter, donc ? Et bien pas tout à fait. Car sans être un must-have absolu, Reek of God possède entre toutes ses lignes suffisamment d'énergie pour faire sprinter un cul-de-jatte et bien assez de gouaille et d'attitude pour justifier son statut de meilleur entertainer de la scène black/thrash. A grands coups de chevauchées épiques, de grognements anti-cléricaux et de croisements d'esthétiques 80's à condition que ça ramone. Et pour le coup, Barbarian sait comment ça marche de ce côté-là; alors on se détend, on ouvre une bière et on rigole parce qu'après tout : « This is not a gospel album ».