Merriweather Post Pavilion

Animal Collective

Domino Records  |  2009
9 / 10
par Nicolas  |  le 12 janvier 2009

Nous voilà à peine remis des fêtes de fin d’année, et des inévitables tops de circonstance, que l’on doit accueillir l’un des prétendants majeurs aux lauriers 2009. Le mois de janvier ne fait donc que commencer que l’on tient avec Animal Collective un successeur potentiel à Portishead, grand vainqueur de l’année écoulée selon l’équipe des rédacteurs. Le plus étonnant dans toute cette histoire, c’est que la grande majorité des auditeurs n’ont pour le moment pas entendu le moindre morceau de ce Merriweather Post Pavilion que l’on crie déjà au génie. On doit mettre cela sur le compte de l’efficacité d’une promo qui bat son plein couplée à quelques articles prometteurs, notamment sur le site américain de référence Pitchfork qui attribua une note de 9.6 au dernier né du combo du Maryland. Si ce n’est pas un gage absolu de qualité, cela aura au moins le mérite de nous mettre l’eau à la bouche.

Dès les premières mesures de « In The Flowers », il ne fait nul doute qu’on retrouve le groupe américain là où on l’avait laissé. Avec Strawberry Jam, Animal Collective s’ouvrait au monde avec son album le plus accessible, sentant bon les effluves de la pop aux triturations électroniques. Sur ce nouvel opus, la formation ne fait que creuser le sillon dans lequel elle s’est engagée voici deux ans et ne surprendra guère son public. Moins expérimentale mais toujours pas mainstream, la tambouille du collectif produit toujours ces effets hallucinés en raison de l’abondance de boucles psychédéliques, d’electro-beats et d’échos. En tout cas, Animal Collective n’a rien perdu de son aspect tribal et la musique du groupe ressemble toujours à des incantations chamaniques voire à une séance de transe mystique. S’inscrivant également dans la lignée de Person Pitch, le premier effort solo d’un Panda Bear qui semble s’affirmer comme le véritable meneur, Merriweather Post Pavilion frappe vraiment très fort. Dès lors qu’il s’éloigne davantage de l’héritage de Feels ou de Sung Tongs, cet opus se révèle encore plus homogène que son prédécesseur, une qualité qui manquait aux premiers Animal Collective. Amplifiant les penchants du quartet pour la pop et l’électronique – certains fans se livrent à un véritable travail d’exégèse à propos des influences présumées du groupe, ce disque s’avère d’un tel métissage qu’il nous donne l’impression d’être en présence de la musique du futur. Autrement dit, Animal Collective serait en avance sur son temps. Et mine de rien, cette affirmation n’a rien d’étonnant.

Prolongeant avec bonheur les frasques de Strawberry Jam, le cru 2009 d’Animal Collective maintient donc le groupe au niveau auquel on l’attendait. Et son écoute répétée permet de comprendre l’engouement général pour un Merriweather Post Pavilion que l’on retrouvera à coup sûr dans de nombreuses listes au mois de décembre. Mais là aussi, est-ce réellement une surprise ? En tout cas, l’année démarre sur les chapeaux de roue et, en soi, on ne peut que se réjouir de voir la barre placée d’emblée si haut ! Les autres concurrents savent ce qu'il leur reste à faire...

Le goût des autres :

note : 88/10Simon note : 77/10Julien note : 44/10Popop note : 77/10Julien Gas note : 99/10Julien L