Feast/Beast

Clark

Warp  |  2013
7 / 10
par Bastien  |  le 14 octobre 2013

On doit vous l'avouer: l'écoute de ce nouvel album de Clark a davantage été pour nous un impératif professionnel mu par notre haut devoir moral envers nos lecteurs qu'une réelle envie de découvrir le dernier opus du poulain de l'écurie Warp. Pourtant, c'est pas faute de faire partie de la catégorie "gros fans" de Boddy Riddle, Turning Dragon ou Totems Flare. Et plus généralement, gros fans de tout ce qui touchait à Clark avant le traumatisant Iradelphic et ses guitares pourlingues. Nous n'aurions jamais aimé vivre ce triste épisode, celui où Clark a sauté à pieds joints dans le mauvais goût.

Bref, on se retrouve aujourd'hui avec ce double album de remixes riche de 29 titres, et autant vous le dire tout de suite: on pensait ne jamais en voir le bout. C'est évidemment la tête pleine de préjugés – une habitude sur ces pages - que l'on s'est donc lancé dans l'écoute de Feast/Beast. Et là, sous nos yeux de connards imbus de leur petite personne, Chris Clark a déjoué tous nos pronostics. Oui, Feast/Beast est un bon album de remixes doublé d'un bon album tout court. Double performance, et double péné pour nos nos frêles entrejambes. L'album se décompose en deux parties bien distrinctes: Feast est la partie plus calme tandis que Beast est plutôt là pour mettre l'auditeur en transe. De ce point de vue, le pari est réussi. Autre gros avantage de cette compilation, cela évite de faire la chasse aux remixs de Clark, éparpillés et mal rippés sur les Internets.

Attention tout de même: vous trouverez à boire et à manger dans ce double album. Après la première et longue écoute, on revient plutôt y piocher des sons. Clark donne dans l'easy listening, et n'y voyez rien de péjoratif dans ce terme au contraire. Les remixes sont pour la plupart bien branlés et on ressent toujours la patte de notre ami de longue date. L'Anglais nous ressort de la belle IDM ("Smouderville" de The Beige Lasers ou "Fentiger" de Nathan Fake), des trucs joliment breakés ("Sun Temper" de Clark himself), et quelques pistes bien violentes. D'ailleurs, on vous oblige à écouter en priorité le "Let's Get Clinical" de Maxïmo Park, que Clark transforme en un truc totalement démoniaque. C'est bien simple: cette piste à elle seule légitime l'existence de Feast/Beast. On peut également ajouter à cette liste "Spur" de Barker et Baumecker, le "Glow" de Kuedo et le remix de "Ted" par Bibio. Voilà une petite sélection qui vous donnera une belle idée du contenu.

Mais la vraie grande nouvelle, c'est que ce nouvel album nous réconcilie avec Clark, mais pour combien de temps? A ce stade des débats, on espère juste qu'il a délaissé sa guitare de hippie pour de bon. Car qu'il le veuille ou non, sa place est définitivement derrière un laptop.