EVOL

Future

Freebandz Entertainment  |  2016
8 / 10
par Ruben  |  le 1 mars 2016

Adepte de la même stratégie depuis le début de sa carrière (inonder les plateformes de téléchargement de projets divers et variés), Future cherche à maintenir une pression constante sur la concurrence en s’engouffrant immédiatement dans les moindres failles inexplorées du rap-jeu. L'homme est novateur et visionnaire, et sa dévotion totale à cette approche lui a permis de sortir 17 projets en moins de 6 ans - une tactique inédite qui porte ses fruits puisque le blaze de Nayvadius Wilburn est sur toutes les lèvres en 2016. Omniprésent, Future est aujourd’hui un artiste incontournable du rap américain et un véritable trendsetter. Quelques semaines seulement après sa première tape de 2016, le rappeur d'Atlanta est revenu à la charge avec son quatrième album studio intitulé EVOL – pour « love backwards ».

Et dès l’inaugural « Ain’t No Time », le rythme imposé nous rappelle que Future n’a pas le temps de niaiser : les instrus infrabassées des copains Metro Boomin, Southside et 808 Mafia instaurent une atmosphère oppressante et participent grandement à cette sensation agréable qu’EVOL est une cocotte-minute pouvant exploser à tout instant. La guitare en fin de vie sur « Xanny Family » ou les synthés drogués sur « Lie To Me » complètent l’ambiance étouffante d’un disque qui ne laisse aucun répit – l'enchaînement « In Her Mouth » / « Maybach » illustre bien ce propos.

Future nous balade au gré de ses changements de flow, et ce n’est qu’à partir du plaisant « Low Life » que le disque décélère un poil. Le lead single d’EVOL, conçu pour passer en boucle sur les radios, accueille l’unique invité du disque (The Weeknd) et marque une réelle césure avec les 9 titres précédents. De même, la dernière piste "Fly Shit Only" se distingue du reste de la tracklist par un beat mélodieux qu’on pourrait associer aux pitreries de Lil Wayne en 2010 – la fameuse époque où il s’aventurait sur des terrains pop/rock tout pourri du slip - mais sur lequel Future balance une prestation étonnamment solide et convaincante.

Alors certes, on pourra regretter l’absence des producteurs Nard & B et C Note - qui ont cette faculté à faire ressortir chez Future son côté le plus dirty south (on repense au crapuleux « Long Live The Pimp ») - et on sous-entendra qu'avec EVOL le rappeur d’Atlanta se contente de recycler sans oser toucher à une recette qui marche. Mais, en attendant qu’un 18ème projet ne vienne rajouter une marche supplémentaire au long escalier qui le mène droit vers les sommets, ‘Future Hendrix’ sécurise sa position dominante sur la chaîne alimentaire avec un album diablement efficace qui ne montre aucune baisse de régime dans sa conquête du double H.

Le goût des autres :