Cellar Door : Terminus Ut Exordium

The Underachievers

Brainfeeder  |  2014
6 / 10
par Jeff  |  le 4 septembre 2014

Fers de lance de la déferlante Beast Coast, apparus plus ou moins en même temps que Joey Bada$$ et les Flatbush Zombies, les Underachievers font partie de cette nouvelle génération du hip hop indé new-yorkais dont on attend énormément, notamment vu leur capacité à nous avoir pondu au moins une mixtape qui reste encore comme l’une des plus percutantes de ces dernières années. Celle-ci s’appelait Indigoism, contenait son lot de tubes (« Herb Shuttles » et « Gold Soul Theory » notamment), et avait notamment permis au duo d’amener son rap barré et drogué sur le label Brainfeeder de ce bon vieux Flying Lotus. Ainsi, après des mois de supputations et des reports en pagaille, le premier véritable album du duo de Flatbush est enfin là. Cellar Door: Terminus Ut Exordium est un album finalement assez court (40 minutes), sur lequel on ne compte qu’un seul featuring (les inattendus Portugal. The Man) et où l’on croise une brochette de producteurs pour le moins disparate - cela va de Ryan Hemsworth à Statik Selektah en passant par les poppeux psychés des Ruby Suns. Pourtant, malgré une team pour le moins diverse, la cohérence du disque ne peut être remise en cause. Avec ses productions qui mélangent volutes old school, accès de modernité et poussées psychotropées, Cellar Door: Terminus Ut Exordium permet à IK et Issa Gold d’évoluer en terrain archi-connu et d’occuper l’espace avec leur habituelle générosité – oui, autant vous prévenir tout de suite, le disque est assez verbeux. Et puis, Cellar Door: Terminus Ut Exordium est surtout un disque incroyablement accessible. Dès la première écoute, on en redemande plus. Et c’est pourtant là que le bât va blesser. Après l’impeccable mise en bouche en mode mixtapes, on reste un peu sur notre faim. Franchement, pour ce premier passage par la case album, on attendait des Underachievers qu’ils passent véritablement à la vitesse supérieure, avec un produit encore plus abouti et efficace qu’Indigoism. Malheureusement, à l’arrivée, Cellar Door: Terminus Ut Exordium ressemble un peu trop à une mixtape. Une mixtape de qualité supérieure certes, mais une mixtape quand même. Mais si on la considère comme telle et non comme un album à proprement parler, le plaisir sera au rendez-vous. Puis à une époque où le téléchargement illégal est devenu la norme là où c’est la gratuité qui permet de faire la différence entre l’album et la mixtape, il y a fort à parier qu’une bonne partie du public des Underachievers n’y voit que du feu.

Le goût des autres :