ununtrium EP

Aoki Takamasa

Raster Noton  |  2010
8 / 10
par Simon  |  le 1 mai 2010

On avait laissé la série unun sur un constat de réussite totale avec le ununbium génialement composé par Grischa Lichtenberger. On embarque donc pour le troisième volet de la série consacrée à réinvestir le joli monde de la post-techno. Et pour l’occasion, Raster Noton s’est fait plaisir en convoquant le grand Aoki Takamasa, bien conscient que le Japonais est l’un des électroniciens les plus sous-estimé de la décennie.

Exit donc les élucubrations proches d’Autechre inventées par Grischa Lichtenberger, ici Aoki Takamasa revient au fondements même de ce qui fait la techno de laboratoire : kicks tout en infrabasse, souffles en arrière-plan et précision toute technologique de l’assemblage. Un nom surgit entre mille à l’écoute des quatre titres de ce nouvel EP : Byetone, graphiste du label et pape acclamé d’une post-techno novatrice (pour ceux qui en douteraient, jetez une oreille attentive à son récent Death Of A Typographer). En maître d’une production léchée, Aoki Takamasa détourne les voix de manière très impressionnante, découpe et recolle pour faire passer son EP dans le côté technocratique de la force. Le groove est massif, le son claque et les murs tremblent. C’est beau.

ununtrium est un festival de click’n’cut, un manuel à l’usage des jeunes producteurs où ceux-ci pourraient voir les lointaines limites de l’esprit techno (les jambes collées au sol et la tête dans le nuages) ainsi que des techniques de production par ordinateur. Le tout sans jamais cesser de remuer du bas-ventre. Une réussite de plus qui fait réellement passer cette série dans le domaine de l’essentiel.