Mondo

Electric guest

Because Music  |  2012
7 / 10
par Jeff  |  le 14 mai 2012

Petite piqûre de rappel: en 2010, le projet Broken Bells avait abondamment fait parler de lui. En même temps c’était bien normal: réunir sur une seule et même galette l’un des producteurs les plus réputés de sa génération (Danger Mouse) et un songwriter d’exception (James Mercer des Shins) avaient suffi à mettre pas mal de gens en émoi pour un résultat qui n’a pas pris une ride depuis - une sorte d’indie pop très dynamique et bien propre derrière les oreilles. Par contre, si vous espérez entendre le nouvel album de la paire Brian Burton/James Mercer dans un avenir proche, cela semble plutôt compromis vu le statut de poids lourd que sont occupés à obtenir les Shins – et ce assez paradoxalement avec l’album le plus faiblard de toute leur discographie, mais c’est une autre histoire.

Mais voilà, Brian Burton est du genre insatiable et il a trouvé en Asa Taccone et Matthew Compton deux remplaçants de qualité pour James Mercer. Certes, Danger Mouse est ici crédité du statut de coproducteur, mais une seule écoute de ce premier album d’Electric Guest nous suffit pour comprendre que le génial bidouilleur de White Plains en a profité pour phagocyter ce Mondo de très bonne facture. Et on imagine que le bougre est d’autant plus content d’avoir trouvé un projet à la hauteur de son talent de producteur que celui-ci lui est tombé dans les mains un peu par hasard. En effet, Danger Mouse est avant tout un ami de Jorma Taccone, le frère aîné d’Asa, qui nous a notamment bien fait craquer notre slibard avec l’incroyable « Dick In A Box » de son projet The Lonely Island. C’est donc lui qui a mis Danger Mouse en contact avec Asa Taccone, dont il a tout de suite aimé le travail. Il faut dire que ce songwriting pop d’une fluidité de tous les instants s’accommode particulièrement bien de la production soignée, aérée et résolument moderne d’un Danger Mouse dont la présence sur Mondo est synonyme d’inestimable valeur ajoutée – d’autant plus que celui-ci en a même profité pour participer à l’écriture de certains titres.

Mais comme une production aux petits oignons ne suffit pas pour pondre un bon disque, Asa Taccone et Matthew Compton se paient le luxe de nous écrire quelques titres dont on ne doute pas une seule seconde du potentiel radiophonique auprès d’un très large public, « This Head I Hold » et « Troubleman » en tête. Et aussi de quoi venir concurrencer les mecs de Foster The People sur leur propre terrain terrain, eux dont le succès n’en finit plus de se prolonger malgré un album sorti il y a maintenant un an outre-Atlantique. Quant à James Mercer, qu’il ne se tracasse pas, la relève est assurée avec Electric Guest, dont le Mondo devrait faire beaucoup de bien en ces temps de grisaille, au propre comme au figuré.