Fabric 34

Ellen Allien

Fabric  |  2007
8 / 10
par Simon  |  le 12 juin 2007

Ellen Allien faisait certainement partie, avec Ricard Villalobos, Luke Slater, Spank Rock ou encore Justice, des artistes les plus attendus de l’année parmi ceux sélectionnés par le label Fabric pour leurs compilations mixées. Autant dire que cette compilation a été longtemps rêvée par les plus fans d'Ellen comme des plus fans du label, ou par ceux ayant la chance de combiner les deux propositions (comme moi); un mix aussi redouté, dois-je dire, au vu du précédent essai de l’Allemande, largement discutable.

Quinze titres, pour un peu plus d’une heure, voilà qui nous laisse tout le temps de découvrir avec attention l’effort de la belle, car en effet la sélection prendra toutes les précautions nécessaires pour amener l’auditeur vers un plaisir insoupçonné grâce à des titres deep house à connotation minimale dignes de la Djette teutonne. Une sélection qui se fait réservée, prenant un malin plaisir à graduer l’intensité de ses tracks, intensifiant ainsi leur impact de manière sensible. On se laisse docilement entraîner par une progression ascensionnelle rapide, grâce à des titres hypnotiques et soutenus, laissant à peine à l’auditeur le temps d’admirer les paysages avoisinants. Et quels paysages s’il vous plaît, car ici la chaleur des basses n’est là que pour faire écho à des nappes débordantes de mélancolie dans des ambiances parfois caverneuses où froideur et poésie semblent souvent se confondre pour mieux s’atomiser par la suite. L’ensemble sonne comme mécaniquement infaillible : ici, la moindre erreur est inconcevable, on ne s’étonnera donc pas de voir apparaître des tracks directement influencés par Detroit (« Sound Stealer ») dont l’esprit des machines planera tout au long de ce mix. Une fois passée dans l’expérimentation laborantine de Roman Flugël (la moitié d’Alter Ego), la sélection atteint son maximum et se trouve maintenant prête pour une descente en chute libre, mais pas de digression brutale pour la cause, un retour sur terre en apesanteur au moyen de titres qui, n’oubliant pas de nous faire bouger, ouvrent avec délicatesse les dernières portes d’un mix au contenu aérien et volatile : le « Harrowdown Hill » de Thom Yorke prend de cette manière tout son sens, servant ainsi de tremplin aux aux incontournables que sont Ellen Allien, Ben Clock, Heartthrob (divinement réinterprété par Plastikman), la note finale étant exécutée par un Apparat en grande forme (ami de toujours de l’instigatrice de ce mix).

Voilà, la claque est donnée, et l’Allemande confirme un des plus beaux essais de cette année en la matière grâce à un mix haut en émotions qui ne saurait laisser indifférent. Elle réalise donc là une double opération des plus appréciables : livrer un mix de haute volée, confirmant par la même occasion une capacité, autrefois controversée, à plaire sur ce genre d’exercice. "I wanted to do an analog mix, by hand. I like the mix because to me it’s the ideal club mix that I personally would like to hear in a club. It’s also a nice memory for me - I can remember every record being played by myself in a club.[...]" Chapeau bas.