Un court documentaire pour essayer d'expliquer Drexciya

Un court documentaire pour essayer d'expliquer Drexciya

par Aurélien  |   le 22-10-2018

Voilà quelques mois déjà que Resident Advisor s'est lancé dans la confection de capsules pour analyser des entités figurant parmi les plus polarisantes ou fascinantes de la musique électronique. Et si on était de sombres merdes ou des rageux qui maigrissent à vue d'œil, on pourrait leur en vouloir de suivre benoitement la concurrence en produisant des formats vidéo courts, qui sont aujourd'hui le nerf de la guerre sur les réseaux sociaux.

Pourtant, à chaque fois, on se fait avoir: leurs documentaires impeccablement montés parviennent à capter en une petite dizaine de minutes seulement la complexité des sujets choisis, disséqués à la perfection. Seul hic: on en voudrait plus, ou alors que ces documentaires soient plus longs. Une preuve de plus que nous sommes bien d'insatiables connards qui ne savent pas ce qu'ils veulent.

Après le Untrue de Burial et l'énigme Moodymann, c'est à Drexciya que le webzine a cette fois décidé de s'attaquer. Une entreprise délicate, salutaire aussi, tant l'univers à appréhender est vaste, et la masse de musique fournie par la paire Gerald Donald/James Stinson importante. Un défi qui gagne encore en difficulté si l'on veut s'amuser à décrypter toute la mythologie d'un groupe qui vient challenger Kraftwerk et leurs musiques de robot sur leur propre terrain. Pari réussi: ce court documentaire réussit à apporter un éclairage concis et passionnant sur la techno sous-marine de la paire de Détroit, en n'omettant pas d'admettre que ce sont quand même de sombres geeks que rien n'arrête. Pas même l'idée de s'acheter une étoile.

Si l'on regrette un peu le documentaire fasse l'impasse sur certains projets en marge de l'entité Drexciya (Lab Rat XL, The Other People Place ou encore Dopplereffekt), la grande réussite de cette capsule tient surtout dans sa capacité à capter l'essence profonde du groupe, et ses influences, ainsi que l'aura qui entoure sa musique. En somme, c'est une porte d'entrée parfaite dans l'univers futuriste et terriblement attachant de Drexciya. Une mine d'or à l'heure où leur musique et ses plus passionnantes ramifications n'en finissent plus de se trouver rééditées, pour notre plus grand bonheur et celui de nos bibliothèques de vinyls.

En guise de digestif, le site propose comme à son habitude une playlist Spotify pour continuer le voyage en musique. Mais de notre côté, on préfère plutôt vous renvoyer vers ce formidable mix rétrospectif signé Para One paru en 2015, riche en anecdotes du producteur parisien, fanboy accompli de l'entité. Il y en a pour deux heures de sélection et rien, absolument rien n'est à jeter. C'est merveilleux la vie, des fois.