Teki Latex boucle sa trilogie des King Of Blends dans un assourdissant feu d'artifice

Teki Latex boucle sa trilogie des King Of Blends dans un assourdissant feu d'artifice

par Aurélien  |   le 12-03-2018

Si l'on regrette que les grosses institutions du clubbing n'aient pas encore confié à ses mains expertes la confection d'un mix façon Fabriclive, Teki Latex s'en tape et continuer d'enchaîner les miracles sur Soundcloud: de cette incroyable sélection italo disco qui nous a accompagné tout l'été à ses Impressions dont on porte encore les séquelles (<3 l'enchaînement du "Hackney Parrot" de Tessela et du "I Found U" de Axwell, bordel <3), le bonhomme régale.

De toute évidence, Julien Pradeyrol s'amuse beaucoup trop à faire feu de tout bois pour s'improviser en architecte du chaos, le temps d'une heure ou plus. Et ça lui réussit plutôt bien, faisant de lui the last of a dying breed - on pense ici à ces DJs encore capables de s'affranchir de toutes les timelines du clubbing pour offrir aux dancefloors des narrations accidentées, "plus proches d'un couplet de Lil Wayne que celles du dernier mix de ton DJ techno conservateur préféré".

Une description infiniment juste que l'on retrouve mot pour mot dans le texte qui introduit le dernier volume de ses King Of Blends, posté ce lundi matin.

Sur le dernier volume de la trilogie qu'il a initié il y a deux ans avec 100% Radio Hits, on renoue avec cette technique consistant à faire se rencontrer plusieurs univers différents sur la même séquence, en ralentissant ou en accélérant le tempo. L'idée est évidemment de les faire rentrer dans une seule et même histoire, afin de voir ce qu'ils peuvent raconter une fois placés sur le même BPM. Un nouveau volume qui accumule logiquement les moments de grâce et de turn up, que l'on ne vous détaillera pas de peur de vous gâcher la surprise.

Ce qu'on peut vous dire par contre, c'est qu'on y rencontre encore beaucoup, beaucoup d'énergie et de grooves cassés, le tout dans une démarche qui rappelle les délires d'un Girl Talk, en moins excessif quand même. Que ce soit dans de la musique d'ordinateur épileptique, dans ces arpeggios trance façon Lorenzo Senni, dans ces clins d'oeil bien sentis à son amour du rap ou dans ces instants suspendus de lumière house entre deux titres destinés aux raves, le choix de pistes ne laisse jamais planer le doute sur le nom de celui qui est aux manettes.

Le dernier tiers aux BPM exagérément boostés rappelle même le Vitamin House de Out One, mixtape parue sur Institubes qui faisait la part belle aux titres surpitchés dans une sélection d'une heure et quart - exactement la même durée que The Naked King d'ailleurs. Et finalement, on n'a pas trouvé meilleur compliment à offrir à cette sélection qui donne envie de retourner en club un lundi soir.