Chroniques express : Robag Wruhme/Prefuse 73

Chroniques express : Robag Wruhme/Prefuse 73

par Simon  |   le 01-06-2011

Alors que les bonnes sorties s’enchaînent, notre arriéré s’agrandit à mesure que les jours passent. Afin d’y remédier quelque peu on vous présente ici deux beaux disques auxquels on tient beaucoup. Ces deux plaques ont ceci en commun qu’elles respirent la maturité, qu’elles font un peu taches par les temps estivaux qui courent et qu'elles sont bien plus destinées à combler vos longues soirées d’hiver.

Robag Wruhme nous avait impressionnés avec la sélection mixée qu’il avait réalisé pour la maison Kompakt. Cette fois on le retrouve pour un nouvel album solo pour Pampa, la structure du vétéran Dj Koze. Robag est devenu père, et ça se sent : exit les compositions anxiogènes, on dit bonjour à des plages house un poil minimal et surtout extrêmement mélodiques. Bien inspiré par l’ensemble des musiques électro-acoustiques – en témoignent les nombreux interludes – Thora Vukk est implacable dans sa construction, combine coups de sang et franches chevauchées dans la lande. Un truc de romantique tout sauf con, qui confirme à nouveau la place de leader qu’occupe notre producteur.

L’autre disque est d’autant plus remarquable qu’on s’était promis de ne plus accorder de crédit à son géniteur. Après des années d’égarement – et quelques mauvais disques en prime – Prefuse 73 vient claquer une énième plaque pour la maison Warp. Sauf que cette fois elle semble valoir le coup. En conviant exclusivement des femmes à venir pousser la chansonnette, The She Chapters peut vous promettre deux choses : de la féminité absolument savoureuse et des ambiances moins street plus dans la rêverie un poil ésotérique. On dit au revoir à l’abstract hip-hop d’autrefois, on accueille un magma ambient/electronica/électro-acoustique plutôt haut perché, et bien aidé par des voix omniprésentes, tantôt diffuses, tantôt plus appuyées. Et puis surtout, The She Chapters nous donne l’occasion de célébrer une dernière fois une Trish Keenan décédée bien trop tôt. Et ça, ça n’a pas de prix.