Kr!z

cuisiné par Jeff le 1 novembre 2014 | publié le 6 novembre 2014

[ENGLISH VERSION BELOW]

Grosse semaine pour Kr!z. Alors que ce weekend on le croisera dans la Black Room d’I Love Techno (où il sera notamment accompagné de Paula Temple, qui vient de nous livrer un podcast impeccable), la compilation Aphelion de son label Token Records vient d’atterrir dans les bacs. Un line-up de darons (Surgeon, Karenn, Inigo Kennedy et un paquet d’autres) pour l’un des labels techno les plus bouillants du moment. Le moment était tout choisi pour entrer en contact avec le Gantois, plus occupé que jamais. En pleine tournée, Kr!z a pris le temps de répondre à quelques questions par mail. Des réponses qui nous renvoient à l’idée que l’on se faisait d’un homme aux idées bien claires, intransigeant dans ses choix de carrière.

Peux-tu nous parler de la naissance de Token Records ? Il paraît que le label a été lancé pour que Inigo Kennedy puisse sortir des disques… 

Je l’ai surtout lancé parce qu’à l’époque, ça manquait de bonne techno. Le type de techno que j’aime ne marchait pas des masses en 2005-2006, et donc pas mal de labels que je suivais ont mis la clé sous le paillasson. Ce qui veut dire que des artistes que j’aimais n’avaient plus de plateforme pour sortir leur musique. J’ai contacté quelques personnes dont le rythme des sorties avait baissé, et Inigo était effectivement l’un deux. Mais il n’était pas le seul.

Quels étaient tes modèles en lançant Token ? 

Je n’ai jamais voulu copier qui que ce soit, même si je ne peux pas nier que j’ai mes influences. Des structures comme Cosmic, Blueprint ou Axis notamment. Ce qui ne va étonner personne. Je reste un grand fan de ces labels, encore aujourd’hui. Leur son, leur esthétique, le feeling qu’il dégagent sont intemporels. C’est aussi ce que j’essaie de faire avec Token.

Aujourd’hui, est-ce qu’on peut dire que le résultat est à la hauteur de tes attentes de l’époque ?

Quand j’ai eu l’idée de lancer Token, j’avais conscience que les chances de réussite n’étaient pas de l’ordre de 100%. Des artistes auraient pu ne pas me prendre au sérieux, le public aurait pu ne pas remarquer que le label existait, de mauvaises ventes auraient pu me plomber… Heureusement, Inigo a vu du potentiel dans mes plans et m’a offert de la musique de qualité exceptionnelle, ce qui m’a permis de me faire remarquer avec une première sortie de qualité. Directement, ça a attiré l’attention, donc je pense qu’on n’aurait pas pu rêver meilleur départ.

Comment appréhendes-tu le volet sorties ?

C’est simple : je signe des artistes que j’aime en espérant que ce ne soient pas des trouducs. Jusqu’à présent, ça a plutôt pas mal fonctionné.

Quand tu repenses aux deux dernières années, quel est ton ressenti ? La structure a connu une vraie hype. Dans quelle mesure le retour en force de la techno a contribué à cela ?

Pour le label, cette situation n’a absolument pas joué. C’est sûr, on a gagné en importance, mais c’est pas le genre de truc auquel j’ai envie de penser. Peu importe la hype, le style de musique que je sors n’a pas changé lui.

C’est comment de gérer un label dans ces conditions économique ?

C’est de la folie.

En tout cas, Token semble être resté une « affaire de famille ». Comment le label va-t-il évoluer ? As-tu un objectif ultime ?

Mon objectif n’a pas changé. Je veux sortir de la musique qui soit bonne et qui résiste à l’épreuve du temps. Et je veux le faire en touchant le plus grand nombre de gens possible. J’espère qu’à l’avenir on pourra toucher encore plus de gens qu’on ne le fait déjà aujourd’hui. Mais si ça ne devait pas être le cas, ça ne modifiera en rien mon approche. Quant au label, c’est clair qu’il à un côté familial, et j’espère que ça ne changera pas. Il n’y a pas de place pour les egos surdimensionnés chez Token.

Parlons un peu d’Aphelion. Ca n’a pas été trop compliqué de réunir un tel line up ?

A ma grande surprise, ce ne fut pas bien compliqué de réunir tout ce petit monde sur la compilation. Par contre, ce fut un peu plus compliqué d’obtenir de ces gens qu’ils me livrent leur titre dans les délais. Mais au bout du compte, tout est bien qui finit bien.

Dernière question : si tu pouvais signer n’importe quel artiste sur Token, ce serait…

Sun Ra.

soundcloud.com/tokenrecords

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This is a fairly important week for Kr!z. Not only is he playing the Black Room at I Love Techno this weekend (alongside Paula Temple, who recently blessed us with an amazing podcast), but his record label Token Records also released a couple of days ago the Aphelion compilation. A stellar line-up (including the likes of Surgeon, Karenn or Inigo Kennedy) for one the the hottest techno labels around. It was thus logical to get in touch with Kr!z and ask him a few questions. Busy touring, Kr!z took some time to reply to our email, giving us answers that reflect the idea we had of him : a dude that knows exactly where he is going and that knows a thing or two about astute career choices.

Can you tell us more about the birth of Token Records? Rumour has it that the label was launched to find a space for Inigo Kennedy to release his music…

I mainly launched it 'cause there was not a lot of good techno around at that time. The kind of techno I loved wasn’t very popular around 2005-2006 so a lot of labels stopped releasing and a lot of artists I liked couldn’t get there music out. I contacted a few artists whose output had dropped and Inigo was one of those people, but he definitely wasn’t the only one.

When you launched Token in 2007, what were your models?

I never started Token to copy another label, but of course I’ve had my influences. I definitely looked up to Cosmic, Blueprint or Axis. A bit obvious probably. I’m still a big fan of those, even after all those years. They have such a timeless sound, look and feel. Something I try to achieve with Token, too.

You must have had expectations. Have these been fulfilled?

When I initially had the idea, I knew there was a big possibility it wouldn’t work. Artists might have not taken me seriously, people might have not noticed the label, sales might have not broken even. Happily Inigo seemed to see some potential in my plans and he sent me some amazingly good music, which resulted in a very strong first release. A lot of people took notice and it did really well, so we couldn’t have had a better start. 

What is your approach to releasing music on Token?

I just sign music I like and hope the artists are not assholes. That has worked out really well so far.

How do you look back on the last couple of years? It seems like the structure has experienced a true hype. How important was the sudden comeback of techno music here?

For the label it wasn’t important at all. It probably made us more ‘relevant’, but I hate to think about stuff like that. I’m still releasing the same type of music, regardless of any hype.

How is it like to run a label in this economy?

Crazy.

Token seems to remain a “family business”. What is your ulterior motive with Token? How do you see the next few years? What do you want to achieve?

My goal is still the same: release good and timeless music and reach as many people as possible. I hope we can reach much more, but even we won’t, I’ll still be doing it. The label feels indeed a bit like a family thing and I like that feeling so I for sure hope we can keep it that way. There’s no room for big egos.

Can you tell us more about the Aphelion compilation: how easy (or difficult) was it to assemble such a line-up on the compilation?

It was surprisingly easy to get everyone on board, it was less easy to have everyone deliver music in time. In the end it all worked out though.

Last question : if you could sign anyone on Token, who would it be?

Sun Ra.

soundcloud.com/tokenrecords