Grems

cuisiné par Bahi le 27 juillet 2010 | publié le 1 août 2010

Alors que l'ambitieux projet de livre-disque Broka Billy vient à peine de sortir, Grems, artiste aux multiples facettes, semble déjà avoir des milliers de projets en tête. Connaissant l'hyperactivité du bonhomme, Goûte Mes Disques se doutait bien qu'il n'allait pas être facile de lui sous-tirer des réponses kilométriques. Quand l'artiste ne nous a pas demandé de retirer des réponses qui, après coup, n'avaient plus selon lui leur place dans l'article. Néanmoins, nous ne regrettons pas d'être partis à la rencontre de ce bonhomme sans étiquette, qui repousse les limites du hip hop actuel jusqu'à se créer une identité musicale propre et unique. C'est parti pour un entretien express où la quantité a cédé sa place à la qualité.

GMD: Avec un projet comme Broka Billy, on ne sait plus trop comment qualifier Grems. Rappeur, graffeur, designer? Qui est Grems?

Grems: Un artiste je crois.

GMD: Comment expliques-tu cette hyperactivité et cette «bougeotte», toi qui aimes poser tes valises aux quatre coins de la planète?

Grems: Le vol de ma fille, l'envie de réaliser mes rêves et d'agir au lieu de parler.

GMD: D'ou est venue cette idée de projet «livre-cd»?

Grems: Cette idée m'est venue de manière assez évidente. Je suis un artiste graphiste et rappeur, il me fallait donc penser à un médium qui fait que les gens achètent vraiment le projet. Mon public aime les beaux objets, alors je l'ai fait.

GMD: Commercialement parlant, n'est-ce pas un peu suicidaire aujourd'hui de sortir un projet comme Broka Billy?

Grems: Absolument pas.  Du moins, tout dépend de comment tu vois le truc. Il est clair qu'un projet comme Broka Billy ne rapporte pas vraiment d'argent. Mais si je l'ai fait, c'est pour être le meilleur artiste rappeur du coin. Je l'ai déjà dit, les gens qui pensent que dans la musique il y a de l'oseille, et bien ils se trompent. Il n'y a rien. (rires)

GMD: Cela fait maintenant quelques années que tu es à la tête du label Deephop Panel, quel bilan peux-tu dégager de cette aventure?

Grems: Le bilan est cool, les gens kiffent Deephop, et les gens nous ont suivi. Je me suis battu pour. Cette année, certaines personnes on tué Deephop en me faisant passer pour un bâtard. Mais comme mon public s'en tape des embrouilles et  a surtout bien capté la subtilité de la carotte qu'ont a voulu me mettre, les choses sont dead. Aujourdhui Deephop est Deep Ro. C'est un crew de MCs/producteurs qui font du Deep Ro, en aucun cas de l'electro, ni des soirées fashion à Paris, ni des conneries sur les blogs. Juste un crew de gens qui kiff le Deep Ro. Une famille.

GMD: Tu multiplie les collaborations, et ça sur chacun de tes projets, est-ce que ces rencontres sont nécessaires pour toi afin de rester créatif?

Grems: Ta réponse est dans ta question.

GMD: J'ai entendu parler de projets avec Disiz, ou encore avec Son of Kick. Peux-tu nous en dire un peu plus?

Grems: Disiz et moi sommes tous les deux produits par Simbad et Son Of Kick. L'album de cette collaboration entre Disiz et Grems, nous deux melangé de A à Z, c'est en court de mixage!

GMD: Ton environnement musical est difficilement qualifiable à première vue, quelles sont tes sources d'inspirations? Tes références musicales?

Grems: En fait c'est super simple à qualifier, mais en France on ne connait que Justice. Moi je fais du broken beat, de la house et de la techno de Detroit. Et j'ai inventé mon style, le Broka. c'est simple.

GMD: Comme je l'ai mentionné auparavant, ton style musical bouscule les codes hip hop actuels. A ce propos, parle-nous de ton évolution dans le milieu du rap et de ton ressenti sur la tendance du rapgame actuel?

Grems: Je ne m'intéresse pas à des gens qui ne s'intéressent à rien!

GMD: Lorsque l'on te dit «Sexion d'Assaut», est-ce que cela signifie pour toi l'avenir du hip hop français? Qui est pour toi, la vrai relève du rap français?

Grems: Mais moi, le hip hop français je n'en ai absolument rien à foutre. Il y a des mecs qui rappent bien, mais ces instrus ou alors ces vibes, c'est pas du tout ma musique. Finalement, je ne me sens pas du tout concerné par le rap français.

GMD: Enfin, pour terminer, livre nous ta playlist du moment, tous styles confondus.

Grems: James Blake, Machinedrum, Simbad, Opolopo et Son Of Kick.

Crédit photo: Maxime Raimond

www.myspace.com/gremsakasupermicro