Dans la lignée des références incontournables du Turc Mécanique que sont devenus Balladur, Jardin ou Bajram Bili, Colombey (Thibault Gondard dans le civil), s’affirme aujourd’hui plus que jamais comme un poids lourd du label avec un nouvel album consacré au désarroi de la France paumée au milieu des hypermarchés et des routes départementales.

Après L’Eau Noire en 2017, dans lequel il exprimait son mal-être et son rejet de l’ennui en Haute-Marne dans des titres très évocateurs : « Une dernière 8.6 », « Tout jeter », « Infâme journée », Colombey, auteur, compositeur, interprète a encore de la bile à cracher, de la frustration à expulser dans un style direct et brut. Cette énergie a été concentrée dans les huit titres que compte Au siècle dernier, où l’on retrouve beaucoup de ses tourments, addictions et rupture amoureuse en tête.

Si le ton de ce disque est assurément pessimiste, il n’y a pour autant aucun apitoiement ou misérabilisme. Colombey chante ce qu’il ressent, conjure le fatalisme de la banalité et du monotone en parlant de « ville maudite » ou en célébrant la marginalité des « Buveurs d’Atlas », cherche à tromper à coups d’autotune lénifiant la déception sentimentale dans « Bien Mieux Comme Ça » et se lâche carrément dans un faux pamphlet « Contre le cannabis » tragi-comique. Son « Adieu à la Brie » sans paroles est la conclusion parfaite d’un projet certes un peu déprimant mais toujours déroutant.

Au siècle dernier paraîtra ce vendredi 11 décembre 2020. En attendant de pouvoir vous le procurer physiquement (les précommandes, c'est sur le Bandcamp de LTM que ça se passe), vous pouvez l’écouter en exclusivité chez GMD.