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Tracklist

  1. Sigha -­ Our Father
  2. Kangding Ray -­ Amber Decay
  3. Christian Wunsch ­- Optical
  4. Blawan ­- Talatone
  5. Klankman ­- Rashond
  6. Paling Trax 1 -­ A2
  7. Stanislav Tolkachev -­ Song about my Neighbours
  8. Truncate -­ Truncate 12 B1 Untitled
  9. Border One -­ Arachnid
  10. Dustin Zahn -­ Lost in Rapture [Steve Bicknell remix]
  11. Ontal ­- Seven Sorrows
  12. Ossian & Ansome ­- The Goose
  13. Greencross & Miss Electric ­- Jump Room
  14. Luka Baumann ­- Boys Boys Boys
  15. Progression ­- Omnipotent 3
  16. Slam ­- Fractious
  17. The Exaltics ­- Downwards [Unit Moebius remix]
  18. Ctrls ­- Onto Them
  19. DJ Bone ­- Speak
  20. Jeroen Liebregts ­- Keychain
  21. Damon Wild ­- Zoom [Oliver Ho remix]
  22. Tomohiko Sagae ­- Endurance
  23. Hiroaki Iizuka ­- Drum Unit
  24. TWR72 ­- Response
  25. Fanon Flowers ­- Untitled
  26. Slam ­- Irritant [Pfirter remix]
  27. Dax J -­ Protect the Prophecy
  28. Sleeparchive ­- Window 092 [Oscar Mulero remix]
  29. Slam ­- Factory Music [Planetary Assault Systems remix]
  30. Miss Kitten ­- Grace [Sleeparchive remix]
  31. Martyn Hare -­ The Defiler [Sawf remix]

Forcément, quand on évoque les grandes villes emblématiques de la musique électronique, il est assez facile de ne pas passer pour un lapin de neuf jours en alignant quelques poncifs qui auront vite fait de mettre à l’aise un interlocuteur méfiant. Par contre, quand il s’agit d’évoquer une ville comme Rotterdam, on fait tout de suite moins les malins. Parce qu’à part son port (le plus grand d’Europe soit dit en passant) et son équipe de foot à peu près autant connue pour ses performances que pour ses hooligans (Feyenoord pour les incultes), l’immense majorité des gens est bien en peine d’en dire plus. Mais les vrais amateurs de musique électronique vous diront que Rotterdam est le berceau de l’une des sous-cultures les plus passionnantes de ces 20 dernières années, le gabber.

Fondateur de Mord, l’un des labels techno les plus intéressants du moment, Bas Mooy n’a que peu de liens avec cette scène : « Je n’ai jamais été dans les soirées gabber quand ça cartonnait aux Pays-Bas, mais cette musique me plait et c’est bien qu’elle ait permis de placer Rotterdam sur une carte. Il se passe plein d’autres choses dans ma ville mais ce sont toujours les musiques les plus violentes qui fonctionnent le mieux ici. Quand les dj’s se font booker ici, ils ressortent leur plaques les plus dures. Si la musique gabber ne m’a pas influencé, je ne peux pas en dire autant de la ville, de ses ambiances industrielles, de ses gens, de son histoire. Rotterdam est une ville unique que je recommande. Et puis ça permet de donner un peu de contraste après avoir passé quelques jours à Amsterdam à fumer des pétards et mater les prostituées ! » 

Et c’est vrai que les clichés ont la vie dure : et tandis que Rotterdam a à peu près autant d’attrait pour un touriste que Charleville-Mézières ou Charleroi, Mord est un label que l’on cantonne peut-être un peu trop vite à cette techno industrielle et modulaire qui cartonne depuis quelques temps maintenant. Et Bas Mooy de nuancer un peu le propos : « Honnêtement, je ne pense pas qu’on puisse étiqueter le son Mord aussi facilement. Mard fonctionne sur base de mes goûts, qui sont très variés. Si mes goûts correspondent à la hype du moment, c’est tout bénéf’ pour moi. Je ne veux pas que Mord tombe dans des poses de puristes de la techno et je ne veux surtout pas qu’on se la joue snob. Regardez le catalogue et comparez simplement Lag à Ansome ou UVB. Je veux juste sortir de la techno de qualité, qu’elle soit à 125 ou à 140 BPM. Après, le fait qu’une forme plus 'violente' de techno cartonne actuellement n’est pas pour me déplaire. C’est toujours cool de voir marcher une musique que j’ai jouée pendant des années sans être acceptée par les gens. »

Et puisqu’on en est à parler du catalogue de Mord et des goûts du tôlier, on lui a demandé ce qu’il recherchait chez un producteur : « Je veux qu’il soit unique. Je reçois des démos de gens qui disent s’inspirer de tel ou tel artiste déjà sur Mord. Ça ne m’intéresse pas, puisque j’ai déjà ça dans mon catalogue. Je ne veux pas que les gens définissent leur son comme similaire à celui de Mord puisque je pars du principe qu’il n’y a pas de 'son Mord' ! Puis parfois, la manière dont un artiste se présente ou présente ça démo joue pas mal aussi. L’humain est important. Mais une chose est sûre : il n’y a pas de place pour les connards, même si leur musique est dingue. Je reçois environ 50 démos par semaine et je les écoute toutes, la concurrence est folle.  »

Vous l’aurez compris, Bas Mooy est un chic type doublé d’un passionné. D’ailleurs il n’y a qu’à voir l’enthousiasme avec lequel il a répondu aux quelques questions qu’on lui a posées par mail. C’est bien simple, il nous a renvoyé une tartine s’étalant sur plusieurs pages. Autre preuve du bon fond du Batave, le fait qu’il ait pris le parti de ne promotionner aucun de ces artistes dans les 60 minutes que comptent sa sélection : « C’est un mix studio qui défouraille pas mal. J’ai mélangé classiques et nouveautés. Et j’ai évité soigneusement de placer dans le tracklisting mes propres titres ou ceux d’artistes sur Mord. Je pense qu’on fait déjà assez d’auto-promo comme ça le reste du temps ! » Franchement, cela faisait très longtemps qu’on avait pas vu autant d’humilité de la part d’un Hollandais…  

https://mord.bandcamp.com/