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Tracklist

  1. Staffan Linzatti - Madness
  2. Marcel Dettmann - Activator
  3. Benjamin Damage - Transmission
  4. Kalter Ende - Oliver (Manni Dee Remix)
  5. One Track Brain - Dust Devil
  6. Benjamin Damage - Battle
  7. Rote - Rote 1
  8. Sleep Archive - Windows-057 (Oscar Mulero Remix)
  9. Surgeon - Zilla
  10. Truncate - Culture
  11. Mattias Fridell - All Recreant Religion & Sodality
  12. Adra - Chapterhouse (Matrixxman Remix)
  13. Benjamin Damage - Vostok 6
  14. Unklone - Serial Experiment
  15. Héctor Oaks - Radial Clicles
  16. U - Our Place

Quand on travaille sur le planning de notre série Goûte Mes Mix, il y a deux catégories de producteurs à envisager : ces artistes émergents (voire inconnus) dont on s’est récemment entiché et qui acceptent assez facilement notre invitation. Et puis il y a les gros poissons; et là, c’est tout de suite plus compliqué. Parce qu’on peut tout à fait comprendre qu’à une époque où les demandes de podcasts polluent les boîtes mail des principaux intéressés, un artiste avec un minimum de visibilité et de crédibilité préfère balancer un mix à FACT, ou s’offrir un petit passage par la Boiler Room.

Bref, il faut généralement profiter d’un alignement très favorable des planètes pour qu’un producteur du calibre de Benjamin Damage accepte de se prêter au jeu. Accrocher le producteur techno gallois à notre tableau de chasse, c’est une excellente nouvelle. Mais qui intervient dans un contexte moins rose, celui de la fermeture du label qui l’héberge, 50Weapons.

En effet, son Obsidian sorti il y a quelques jours sera le dernier album du catalogue 50Weapons. Une vraie grosse tristesse donc, puisque le label (ndr: propriété de Modeselektor) hébergeait des gens comme Shed, Bambounou, Marcel Dettmann, Addison Groove, Untold ou Phon.o.

La fin de 50Weapons nous a évidemment surpris, mais les habitués de la structure comme Benjamin Damage avaient été mis au parfum. Idéal pour gérer au mieux la pression, même si notre homme est plutôt du genre solide mentalement: « Je savais que mon nouvel album serait le dernier de 50Weapons. Mais c’était une bonne chose, je travaille mieux sous pression. De toute façon, pondre un long format n’est jamais une partie de plaisir. Et puis je soutiens complètement la décision. Je suis forcément un peu triste car désormais, je vais devoir me demander sur quel label sortir ma musique. Mais je trouve que c’est très intelligent d’arrêter l’aventure alors que la structure se porte si bien. Pas mal de labels voient la qualité de leur production s’éroder progressivement pour finalement tomber dans l’oubli. Terminer sur une note très positive, c’est vraiment une décision intelligente. » 

D’origine galloise mais délocalisé à Berlin avec une étape londonienne au milieu, Benjamin Damage s’est facilement adapté à son nouvel environnement, évidemment propice à la création: « Berlin est une ville géniale. Il y a beaucoup de tolérance et d’ouverture, on y croise énormément d’esprits créatifs et on y entend plein de bonne musique. Je ne voudrais pas vivre ailleurs. Au Royaume-Uni, la situation se déteriore: on fait fermer des clubs tandis que la culture musicale se fait écraser par des politiquues exagérément zélées et des mesures absolument bidon de contrôle des niveaux sonores. »

Un environnement berlinois, auquel Benjamin Damage vient superposer des influences nombreuses (Robert Hoodµ-ziq, Burial, Carl Craig notamment) et qui étaient particulièrement perceptibles sur son précédent disque. Des courbettes que notre homme a voulues moins évidentes sur Obsidian: « C’est clairement un album de Benjamin Damage. Comme c’était le dernier disque de l’aventure 50Weapons, il fallait que je fasse un peu le ménage dans ma tête. Ce disque n’est pas déconnecté du passé, mais il va dans une nouvelle direction. » 

Obsidian est en effet un album plus cohérent et encore mieux pensé que son prédécesseur. On est moins dans le coup d’éclat certes, et la course au banger techno a été abandonnée, mais c’est dans son écoute totale et attentive que ce nouveau disque dévoile ses plus beaux atouts. Et c’est aussi un galette qui évoque rapidement les parois industrielles du Berghain, que Benjamin Damage visite régulièrement. Un esprit clubbing qui est au coeur de la sélection de Benjamin Damage, incroyablement féline et frontale. Il n'y en a que pour 45 minutes, c'est vrai. Mais on comprend très vite que notre homme n'est pas venu pour beurrer les tartines: en vrai patron des platines, le Berlinois d'adoption balance la purée, mais le fait avec froideur et élégance. 

https://soundcloud.com/benjamindamage